«Air France est le transporteur français aérien des animaux vers les laboratoires»

Animal Testing dévoile une enquête sur le transport des animaux vers laboratoire. Le tout réalisé après infiltration au sein des services vétérinaires de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

Animal Testing dévoile les conditions de transport des animaux de laboratoire après une infiltration au sein des services vétérinaires de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. La président de l’association, Audrey Jougla, appelle Air France-KLM à cesser cette activité.

A lire: Enquête sur le transport aérien des animaux à destination des laboratoires

Que montre votre enquête sur le transport aérien des animaux à destination des laboratoires?

Cette infiltration nous permet de témoigner de plusieurs aspects, que nous supposions mais qui se sont confirmés: le transport s’avère particulièrement long pour ces animaux. La France n’est parfois qu’une escale avant leur expédition vers d’autres pays, comme en atteste le coffre provenant de l’Ile Maurice et à destination du laboratoire Charles River, à Houston aux États-Unis. La plupart des destinations sont situées en Europe ou aux États-Unis.

Les singes proviennent de l’Ile Maurice, du Vietnam et de la Chine, et sont destinés à de grands laboratoires (Charles River, Envigo, Covance) aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne ou à des centres comme le Silabe (Strasbourg), le CEA (Fontenay-aux-Roses) ou le Citoxlab (Evreux).

Les singes sont tous transportés par la compagnie Air France, et Air France est le transporteur français aérien des animaux vers les laboratoires.

Ces pratiques sont-elles légales?

Malgré le respect de la légalité, celle-ci ne garantit pas le bien-être des animaux, comme en atteste la découverte d’un primate mort pendant le transport.

Des poissons, des reptiles et des chevaux sont également envoyés vers les laboratoires. Les conditions de transport sont particulièrement difficiles pour eux aussi, comme on le constate sur les photos: peu d’eau pour les poissons, de petites boites pour les serpents, et des chevaux qui se blessent du fait de leur promiscuité et de leur anxiété.

Comment avez-vous obtenu ces informations?

Pour les enquêtes, nous fonctionnons par deux moyens: soit il s’agit d’un lanceur d’alerte, en interne, qui nous contacte pour dénoncer des agissements dont il est témoin, et c’est la solution la plus simple, soit nous infiltrons les structures où nous souhaitons aller. C’est plus compliqué mais nécessaire pour continuer les enquêtes. C’est cette deuxième méthode qui nous a permis d’obtenir ces photos.

Pourquoi ces animaux sont-ils transportés de pays étrangers vers des laboratoires européens?

Les animaux transportés par avion sont des animaux issus d’élevages spécifiques, comme les singes, que les pays où sont les laboratoires produisent peu ou pas.

Ainsi, les provenances sont l’Ile Maurice, le Vietnam, la Chine. Le fait que ces animaux proviennent d’élevage ne change en rien leur souffrance: les laboratoires présentent cela comme un respect du bien-être animal, alors que le sort de ces animaux n’en est pas moins misérable. Et cela commence dès le transport, comme nous souhaitons le montrer ici.

Quels sont les principaux animaux exportés vers les laboratoires?

Des animaux qui ne sont pas produits par les pays qui expérimentent: des primates, des animaux exotiques, des reptiles, des poissons aussi, des chevaux…

Ces animaux destinés aux laboratoires sont-ils vraiment utiles à la science?

Difficile de formuler une réponse globale. Les documents vétérinaires communs d’entrée que nous avons obtenus nous ont permis d’identifier les structures de destination: en France par exemple, il s’agit du CEA (Fontenay-aux-Roses), du Silabe (Strasbourg) et du Citoxlab (Evreux). Difficile de savoir précisément ce que font ces centres sur les singes, mais il s’agit principalement de toxicologie et de recherche fondamentale.

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Quel est le rôle d’Air France dans ce mécanisme?

Air France transporte les animaux à destination des laboratoires car c’est une activité de cargo lucrative, comme une autre. Surtout, c’est l’un des rares transporteurs aérien à continuer de le faire: en conséquence, les primates qui vont en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, passent forcément par Paris. Parfois cela rallonge considérablement le transport et les heures de vols, comme l’a compris notre source infiltrée.

Cet rôle de transporteur des animaux vers les laboratoires nuit en outre à l’image de la compagnie, car cela fait des années que les défenseurs des animaux dénoncent cela, avec des manifestations devant les agences Air France ou dans les aéroports par exemple. Mais la compagnie continue malgré tout. Nous espérons que nos images renforceront la pression sur ce sujet et contribueront à une prise de conscience plus large du grand public.

Avez-vous instauré un dialogue avec le transporteur aérien?

Avant notre enquête, le transporteur a déjà été sollicité à de nombreuses reprises par des associations de protection animale sans y répondre, ou bien en réaffirmant son choix par communiqués de presse. Nous espérons sa réponse suite à la diffusion de nos images.


Que dit Air France-KLM?

En 2014, la primatologue Jane Goodall avait écrit une lettre à Alexandre de Juniac, alors PDG d’Air France-KLM, pour demander à la compagnie aérienne de ne plus transporter des animaux vers des laboratoires. La compagnie a toujours peu ou pas communiqué sur cette activité méconnue du grand public, assurant notamment «avoir instauré des normes strictes en termes de confort et bien-être pour assurer aux animaux des conditions optimales de transport».

Written by Cédric Garrofé

Journaliste et fondateur de Vegemag, il s'intéresse à la cause animale depuis près de 15 ans. Il a remporté le Prix Suva des Médias en 2018 et un Online Journalism Awards en 2017 avec la rédaction du média «Le Temps».