Le Téléthon 2017 marqué par de nouvelles polémiques autour de l’expérimentation animale

Plusieurs associations de protection des animaux avaient lancé un appel pour ne pas donner d’argent au Téléthon.

Le Téléthon 2017 a récolté 75,6 millions d’euros de promesses de don. Un total en baisse par rapport à l’année dernière, qui peut s’expliquer par l’hommage à Johnny Hallyday (le compteur a ralenti pendant les funérailles du rockeur disparu), mais aussi par l’appel de plusieurs associations au public à ne pas donner pour financer des expériences sur les animaux.

Dans une vidéo diffusée par l’association PETA, Pascaline Wittkowski, qui souffre de dystrophie musculaire depuis une quarantaine d’années, racontait cette semaine comment le Téléthon a représenté pour elle un véritable espoir lorsqu’il a été lancé en 1987. Mais elle explique qu’elle a changé d’avis il y a quelques années, voyant qu’il n’y avait eu aucune guérison durant toutes ces années. «C’est faux, on entretient cette illusion chez les gens, ce mensonge», affirme-t-elle.

«Je n’ai pas demandé à ce que des animaux souffrent pour moi»

Une déclaration forte, qu’elle justifie: «Je ne suis pas un chien». Pascaline Wittkowski dénonce en effet de cette manière les expériences effectuées sur les animaux: «Il faut arrêter de croire qu’on va trouver des médicaments pour les humains en prenant d’autres espèces animales. (…) Je n’ai pas demandé à ce que des animaux souffrent pour moi». «Si vous voulez vraiment aider les malades, ne donnez plus au Téléthon et financez la recherche scientifique qui n’utilise pas les animaux», conclut-elle.

>> Voir le témoignage de Pascaline Wittkowski en intégralité ci-dessous:

PETA avait déjà lancé un appel similaire l’an dernier, l’illustrant avec des images tournées en 2013 par Animal Testing qui montrent des chiens visiblement en grande souffrance en raison de la myopathie qu’ils ont développée.

>> Voir les images tournées par Animal Testing ci-dessous:

L’AFM et d’autres associations assument

En septembre dernier, plusieurs associations dont l’AFM avaient appelé le gouvernement à prendre les devants pour expliquer au grand public pourquoi, selon elles, l’expérimentation animale était fondamentale pour la recherche.

«On oublie que la raison de ces expérimentations animales, c’est d’apporter la preuve de l’efficacité et de la sécurité d’un médicament pour des pathologies graves. Bien sûr que l’on teste d’abord ces thérapies innovantes sur des cellules, mais il faut ensuite savoir comment l’ensemble des organes réagissent», avait déclaré Alexandre Mejat, administrateur de l’AFM, à BFM TV.

Selon lui, la découverte récente d’un traitement contre la myopathie myotubulaire par exemple n’aurait pas été possible sans l’expérimentation animale: «C’est une maladie mortelle. L’efficacité et la sécurité du traitement a été validé chez le modèle canin, un essai est mené chez l’enfant. Mais il n’aurait pas été envisageable de passer directement des cellules à l’enfant».

Written by Corentin Chauvel

Co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.