L’Arctique face à une accumulation de déchets plastiques

Un phénomène inédit et dangereux pour l’extrême nord de la planète.

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L’Arctique, décharge de l’océan Atlantique. Les expéditions de recherche scientifique Tara Oceans (France) et Malaspina (Espagne) ont relevé une accumulation conséquente de déchets plastiques dans les eaux de l’extrême nord de la planète, selon le CNRS.

En effet, tous les déchets plastiques rejetés dans l’Atlantique Nord suivent les courants marins qui les emportent tous vers les mers du Groenland et de Barents de l’Arctique, lieu pourtant vierge de toute vie humaine et qui constitue une impasse. Un phénomène qui ne date que depuis quelques décennies et l’utilisation en masse de la matière plastique dans nos sociétés de consommation.

300 milliards de débris

Les chiffres sont particulièrement conséquents: ce sont plusieurs centaines de tonnes de déchets plastiques qui se trouvent sur place, à la surface comme dans les fonds marins, soit près de 300 milliards de débris, la plupart aussi gros qu’un grain de riz.

«Ce qui est vraiment inquiétant, c’est que nous pouvons suivre ce plastique jusqu’aux abords du Groenland et dans la mer de Barents directement depuis les côtes du nord-ouest de l’Europe, du Royaume-Uni et de la côte est des États-Unis. Ce sont nos déchets plastiques qui finissent là-bas», indique Erik van Sebille de l’Institut Grantham à l’Imperial College de Londres.

Un impact qui peut devenir incontrôlable

Il s’agit ainsi d’une nouvelle alerte et d’une prise de conscience qu’il est urgent de prendre en compte, comme le conclut Romain Troublé, directeur de la Fondation Tara Expéditions: «Les résultats de cette étude (qui a analysé les données recueillies par les expéditions Tara et Malaspina entre 2009 et 2013, ndr) soulignent l’importance de minimiser et de mieux gérer les déchets plastiques dès leur source par les industriels, dans les foyers, par les collectivités et les États car une fois que ceux-ci atteignent l’océan, leur destination et leurs impacts deviennent incontrôlables».