Kokopelli, l’alternative libre et bio aux grands semenciers

Fondée en 1999, l’association milite pour la libération de la semence et de l’humus ainsi que la protection de la biodiversité alimentaire.

Mise à jour: Polémique autour de Kokopelli, l’association de semences libres

Si on parlait informatique, Kokopelli serait un éditeur de logiciel libre, à la marge de Microsoft et autres multinationales contrôlant quasiment tout le marché. Mais c’est dans l’agriculture que cette association ariégeoise fondée en 1999 par Dominique et Sofy Guillet opère et plus particulièrement les semences.

Son rôle, reprenant le flambeau de deux organismes de l’Allier du début des années 1990, est en effet de rassembler «tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles».

Une activité à succès, mais illégale

Kokopelli propose ainsi plus de 2.200 variétés de semences potagères et aromatiques bio (plus de 650 variétés de tomates, près de 200 variétés de piments, 150 variétés de courges…), produites dans différents pays (France, Etats-Unis, Italie, Suisse…), à près de 120.000 clients en France et en Europe, et cela en toute illégalité! «Nos semences ne sont pas inscrites au catalogue officiel en France, ni en Europe… Nous sommes toujours dans l’illégalité», affirme Ananda Guillet, directeur de l’association, à La Dépêche. En effet, depuis les années 1960, les semences sont encadrées commercialement et les agriculteurs doivent payer à chaque réutilisation.

Ananda Guillet / Facebook

Mais Kokopelli sait qu’elle agit pour le bien de tous face aux grands semenciers qu’elle qualifie de «vendeurs de poisons». «Il suffit de goûter une tomate issue de ces semences… On n’a plus envie après de manger des tomates de mauvaise qualité. Et puis les gens en ont marre de crever de cancers… L’alimentation c’est la vie», poursuit Ananda Guillet. Et son succès ne se dément pas, avec un chiffre d’affaires de 3,2 millions d’euros en 2016, en hausse de 36%.

Un nouveau site à venir

Ces derniers mois, en période de semis, le pic d’activité monte jusqu’à 1.200 commandes à expédier par jour et l’association est obligée de doubler ses effectifs, passant de 15 à 32 personnes. Elle a d’ailleurs récemment investi dans la construction d’un nouveau site complet de 1.000 m², toujours dans l’Ariège, où elle a élu domicile en 2013, qui comprendra notamment une boutique et un musée.

Enfin, sa mission n’est pas que lucrative puisqu’à travers «Semences sans frontières», Kokopelli envoie gratuitement à travers le monde des semences libres et reproductibles à destination des agriculteurs les plus pauvres afin qu’ils puissent regagner leur autonomie.