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Controverse en Tanzanie autour d’un projet de barrage hydroélectrique dans une réserve naturelle

La modernité au prix de la nature? Longtemps reportée, la construction du barrage hydroélectrique des gorges Stieglers, au cœur de la réserve naturelle de Selous Park, a obtenu le feu vert la semaine dernière du président tanzanien John Magufuli.

Des conséquences néfastes pour les animaux et l’environnement

Une décision vitale pour un pays qui manque cruellement de ressources énergétiques – le barrage apporterait 2,100 MW, mais qui fait craindre le pire aux défenseurs de l’environnement. En effet, le Selous Park, grand comme la Suisse, est inscrit au patrimoine naturel de l’humanité pour la variété d’animaux sauvages qu’il accueille, mais il est depuis quelques années déjà considéré comme «en danger» en raison du braconnage important qui y sévit.

Outre des conséquences sérieuses envers les animaux, «le barrage aura probablement des effets négatifs importants sur l’utilisation des terres en aval, la pêche et l’agriculture, ainsi que les moyens de subsistance des communautés locales», a observé Remco van Merm, membre de la conservation du patrimoine mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature, interrogé par le Guardian. Cet organisme a toujours lutté pour que le barrage ne voie pas le jour, sous peine de voir sortir la réserve naturelle de la liste des sites du patrimoine mondial.

Une fausse «alternative propre»

«Le barrage va combler le déficit énergétique du pays (…). Cependant, avec la pression actuelle pour s’éloigner des combustibles fossiles, les barrages hydroélectriques sont considérés comme une ‘’alternative propre’’ alors qu’ils ne le sont pas. Il est essentiel que des mesures environnementales solides soient mises en place pour protéger l’écologie locale», a estimé auprès du quotidien britannique Thabit Jacob, un expert tanzanien.

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Corentin Chauvel
Corentin Chauvel

Co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.