Pourquoi j’ai été convaincue par «No Steak» d’Aymeric Caron

Aymeric Caron // Eric Robert

«No Steak» est un livre qui énonce des faits et des arguments allant dans le sens de plus de respect de la vie animale.

Pourtant, l’angle d’approche et le style sont bien différents d’autres textes, et notamment de celui de Fabrice Nicolino et son essai «Bidoche». Là où Nicolino s’intéresse avant tout à l’élevage industriel, Aymeric Caron parle clairement de végétarisme.

«Aymeric Caron ose parler d’éthique»

Le livre évoque la souffrance infligée inutilement à des êtres sentients réifiés, de répartition des richesses et des ressources naturelles, d’écologie, de santé…

Mais en plus de citer des chiffres et des déclarations d’experts de façon très pertinente, Aymeric Caron ose parler d’éthique dans nos rapports avec les animaux, le tout dans un style agréable et facile à lire. Un peu comme une discussion franche avec quelqu’un d’informé, de cultivé mais d’honnête et sans jugement.

Et ça, c’est un parti pris intelligent et honorable de la part de l’auteur. Il ne rompt jamais le dialogue avec le lecteur qu’il soit végéta*ien ou non.

«Le fameux débat entre welfaristes et abolitionnistes est présent»

Ce qui est gonflé dans «No Steak», c’est de répéter tout le long du livre que c’est sûr, bientôt nous serons tous végétariens! Cela poussera-t-il un omnivore à franchir le pas? Est-ce que cette éventualité deviendra moins folle, plus acceptable, moins saugrenue, plus évidente?

En tout cas, la démonstration faite dans No Steak appuie cette hypothèse et le lecteur aura sans doute bien du mal à la trouver farfelue après avoir pris connaissance des informations cruciales relatives à la consommation de viande et autres produits d’origine animale.

J’ai également apprécié le petit panorama de la vision du végétarisme dans différentes cultures (particulièrement les Bishnoïs d’Inde), et dans les différents courants de pensée à travers les âges. Il explique enfin les diverses positions des animalistes actuels, avec entre autres, le fameux débat entre welfaristes et abolitionnistes.

Le gouffre financier que représente la production et la consommation de viande est également dénoncé. Les contribuables français paient de leur poche pour renflouer des industries non viables. Sans parler du néo-colonialisme qui maintient la misère dans d’autres pays.

«Comment un omnivore va-t-il se sentir après avoir lu le livre?»

Que ce soit par empathie envers les animaux, par philosophie, par conscience écologique, par humanisme ou par souci de sa propre santé, le lecteur ne pourra nier que l’indifférence et le mépris serait les pires des réactions maintenant qu’il sait.

J’ai aimé lire No Steak parce que je me suis sentie comprise, à l’aise.

Mais je ne sais pas exactement comment un omnivore va se sentir après une telle lecture.

Apparemment, le livre a été bien accueilli, mieux encore que ne l’espérait Aymeric Caron, lui qui constate que le végétarisme est de mieux en mieux accepté, même si le chemin est encore long.

Et ça, c’est déjà une bonne nouvelle.

La critique complète du livre est à lire sur le blog de Kindy