L’abattage des goélands de nouveau autorisé dans la Manche

Le but est de protéger les zones conchylicoles.

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Les goélands argentés sont pour les producteurs de coquillages de la Manche ce que sont les loups pour les éleveurs de moutons du Sud-Est: des prédateurs néfastes. C’est ainsi que depuis deux ans, la préfecture du département autorise la stérilisation et jusqu’à l’abattage des oiseaux.

Abattage de 80 oiseaux maximum

La stérilisation est à l’œuvre à Granville, où les goélands argentés sont accusés de salir la ville avec leurs excréments. L’abattage est lui autorisé dans l’archipel des îles Chausey, d’août à novembre à raison de 80 oiseaux maximum, lorsqu’ils s’approchent à moins de 500 mètres des zones conchylicoles.

Ils se serviraient en effet dans les élevages de moules de bouchot, faisant perdre, selon les exploitants, 9% de leur production l’an dernier, soit 133 tonnes. D’autres zones proches des côtes sont aussi concernées avec un maximum de dix goélands tués.

«Le goéland argenté est une espèce protégée, considérée comme vulnérable»

L’association Manche-Nature, qui a tenté vainement d’empêcher judiciairement la mise en œuvre de l’arrêté préfectoral, «conteste ces dérogations qui vont à l’encontre des textes de protection environnementale et de la biodiversité», indique-t-elle sur son site. «Le goéland argenté est une espèce protégée, considérée comme vulnérable, eu égard au déclin de sa population. Rappelons qu’il est passé, sur le site (les îles Chausey, ndr), de 5 000 individus il y a une vingtaine d’années à moins de 700 aujourd’hui. Cette baisse rapide est constatée sur l’ensemble de la Normandie et il en est de même au niveau européen», précise-t-elle.

Corentin Chauvel

Article écrit par Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, il a travaillé pour Le Monde, Radio France, Libération, 20 Minutes et EuroNews. Il est aussi co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.