Mauro Morandi, trente ans sur une île déserte

Mauro Morandi/Facebook

Mauro Morandi a 79 ans. Depuis bientôt trente ans, il vit seul sur l’île de Budelli, dans l’archipel de la Maddalena, au nord de la Sardaigne. Une chance que son rêve se soit trouvé aussi près de son Italie natale car, au départ, c’est en Polynésie qu’il voulait aller avec son voilier. Mais son avenir est aujourd’hui menacé.

Avis d’expulsion

«Cela fait deux ans que je n’ai pas quitté Budelli et si jamais je m’absentais, je ne suis pas sûr qu’on me laisserait revenir», a-t-il indiqué à Slate. La raison? L’île n’est plus privée depuis 2011 et le gouvernement italien, qui en a fait un parc national, lui a demandé de partir.

Mauro Morandi/Facebook

Pourtant, tout avait bien commencé. «J’en avais marre de la société. Je rêvais d’une île déserte dans le Pacifique, un endroit où commencer une nouvelle vie», a-t-il raconté. Chanceux, après être parti du sud de l’Italie en 1989, il fait étape à Budelli où vit seulement un gardien et sa femme. Cette dernière n’aime pas trop cette vie en duo solitaire, alors Mauro Morandi les remplace.

Pas totalement seul au monde

Sur place, des panneaux solaires fournissent de l’énergie à l’Italien, qui construit ses propres meubles et boit de l’eau de pluie filtrée. Néanmoins, le gardien de l’île de Budelli n’a jamais été complètement livré à lui-même, sauf l’hiver. Il est régulièrement approvisionné et jusqu’à il y a deux ans, il se rendait deux fois par an sur le continent pour voir ses enfants.

Mauro Morandi/Facebook

«En été, ma vie change complètement. Je m’occupe de donner des conférences et de faire des visites guidées de l’île, de l’aube au crépuscule», raconte-t-il, insistant particulièrement sur l’éducation environnementale. Il constate en effet de nombreux changements en raison du réchauffement climatique: hausse des températures, eaux moins poissonneuses, vents changeants, tempêtes différentes…

Quand la technologie a finir par arriver sur l’île, avec notamment Internet il y a trois ans, l’Italien a senti que les choses étaient en train de changer de nouveau. Mais plutôt que de s’en écarter totalement, Mauro Morandi a fini par céder à l’appel des réseaux sociaux, délaissant ses livres pour son appareil photo: «J’étais plus égoïste autrefois, mais maintenant je veux partager cette beauté avec le monde entier». En espérant qu’il puisse continuer encore longtemps à montrer au monde les splendeurs de Budelli.

Corentin Chauvel

Article écrit par Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.