貓尾巴一步一腳印 / Flickr

L’Egypte pourrait bientôt se doter de sa première loi de protection des animaux

Le Syndicat des vétérinaires égyptiens en est à l’origine.

Mieux vaut tard que jamais. L’Egypte pourrait se doter prochainement de sa première loi de protection des animaux après l’annonce le mois dernier de la rédaction d’un texte par le Syndicat des vétérinaires égyptiens. Il sera soumis au Parlement égyptien l’an prochain.

Le site Al-Monitor rappelle le faits-divers qui a été le déclic de cette prise de conscience. En 2015, des hommes ont été filmés en train de mutiler à mort un chien à l’aide de couteaux. Les images ont choqué le public qui a mis la pression sur les autorités pour que les auteurs soient poursuivis et condamnés. Ils ont pris des peines de trois ans de prison, mais le pays s’est rendu compte qu’il ne possédait aucune loi pour prévenir ce type d’acte.

Une loi complète

«La loi comprend des articles interdisant le meurtre d’animaux errants, sauf dans des cas de légitime défense (et seulement) à la condition que l’animal ne soit pas abattu ou empoisonné. Il existe également des mesures pour un transport humain des animaux et des dispositions réglementant l’exploitation des animaux en fonction de leurs conditions de santé. Le projet réglemente également l’utilisation des animaux pour la recherche et pose des conditions sur l’euthanasie dans les abattoirs», a détaillé à Al-Monitor Tarek Misk, un membre du Syndicat des vétérinaires.

Les conditions de vie des animaux dans le secteur agro-alimentaire notamment sont tellement dures que des pays ont interdit l’importation de viande égyptienne, à l’image de l’Australie en 2013, provoquant un sérieux manque à gagner économique pour l’Egypte.

De fortes réticences

Mais au sein de la Commission parlementaire sur l’agriculture, tout le monde ne voit pas ce projet de loi d’un bon œil. «L’Egypte a de nombreux problèmes sérieux aux côtés desquels les droits des animaux semblent triviaux. Il s’agit d’une agitation artificielle», a jugé Tawheed Tamer, interrogé par le site.

Il faudra ainsi certainement compter sur la pression des associations de défense des animaux et du public pour que la loi soit adoptée. «La Société de protection des droits des animaux (Spare) et tous les militants des droits des animaux en Egypte sont prêts à se tenir aux côtés du Syndicat des vétérinaires, que ce soit en rédigeant la loi ou en faisant pression sur le Parlement pour débattre de la proposition», a clamé Amina Abaza, responsable de la Spare.

Article écrit par Corentin Chauvel

Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.