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Le rôle de la grande distribution dans les prix élevés du bio dénoncé

Manger bio, c’est bien, mais c’est souvent nettement plus cher et la grande distribution n’est pas étrangère à cette différence de prix, parfois importante. Son rôle est dénoncé dans une enquête dévoilée ce mardi par l’UFC-Que Choisir.

Du bio difficile à trouver en rayon

L’association s’est rendue sur le terrain (1.541 magasins de 81 départements) pour constater tout d’abord que l’offre de produits bio était toujours restreinte dans les supermarchés traditionnels: «Dans près d’un cas sur deux (43%), il est impossible de trouver à la fois des pommes et des tomates bio dans un même magasin. Pire, 23% des magasins ne proposent aucun de ces deux produits en version bio». Le podium des supermarchés offrant le moins ces produits préférés des Français est occupé par Système U, Intermarché et Monoprix.

Et quand fruits et légumes bio sont présents sur les étals des supermarchés, ces derniers s’offrent parfois des «marges exorbitantes», ayant pour conséquence des «tarifs prohibitifs». «Le prix d’une consommation annuelle en fruits et en légumes exclusivement bio pour un ménage français revient en moyenne à 660 euros, contre 368 euros pour les équivalents en conventionnel, soit 79 % plus cher», a observé l’étude.

La moitié du surcoût du bio dans les poches de la grande distribution

Or, selon cette dernière, «46 % du surcoût du bio provient en réalité des « sur-marges » réalisées sur le bio par les grandes surfaces». «Autrement dit, seulement la moitié du surcoût du bio payé par le consommateur va à la production, le reste étant capté par la distribution en sur-marges», déplore l’UFC-Que Choisir.

L’association demande ainsi aux pouvoirs publics une plus grande transparence sur les prix et les marges réalisés par la grande distribution et à cette dernière de revoir ses marges à la baisse, au moins de moitié, pour permettre à un plus grand nombre de consommateurs, et notamment les moins aisés, d’avoir accès aux produits bio.

La grande distribution conteste l’étude

«Aucune enseigne ne se retrouve dans cette étude», a réagi auprès du Figaro la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui s’est déclarée «abasourdie» par ses conclusions qu’elle conteste en raison d’une méthodologie «sujette à caution».

«Ce document ne prend pas en compte l’ensemble de la chaîne de valeur, du producteur jusqu’au consommateur (transport, conditionnement, intermédiaire, coût de distribution en magasin…)», détaille-t-elle, estimant que le consommateur était «conscient» du surcoût lié au bio et qu’il était «prêt à payer plus cher» pour cela.

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Corentin Chauvel

Co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.

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