Liquidation du cirque Pinder: «Les gens n’ont plus envie d’aller voir des spectacles avec des animaux captifs»

Mais il espère reprendre sa tournée dès l’été prochain.

Olivier Leroy/Flickr

Les temps sont durs pour les cirques français. Promogil, la société d’exploitation du cirque Pinder, a été placée en liquidation judiciaire la semaine dernière par le tribunal de commerce de Créteil.

Redémarrage cet été?

La demande a été faite par le propriétaire du cirque lui-même, Gilbert Edelstein, qui a déploré auprès de Ouest-France une baisse de 60% du chiffre d’affaires ces deux derniers mois, mais espère néanmoins «repartir en tournée cet été». En attendant, tous les spectacles prévus pour ce mois-ci dans le sud de la France ont été annulés.

Si les cirques sont de plus en plus critiqués pour leur usage d’animaux sauvages, Gilbert Edelstein estime que ce n’est pas ce qui a causé le plus de dommages. Il met en avant la crise ainsi que l’impact des attentats, comme pour tous les spectacles traditionnels. Ce n’est pas l’avis des associations de défense des animaux.

«Il ne peut plus y avoir de cirques avec des animaux»

«Les gens n’ont plus envie d’aller voir des spectacles avec des animaux captifs. Il ne peut plus y avoir de cirques avec des animaux. C’est une attente de la société qui est forte et qui est latente depuis plusieurs années», a déclaré à Franceinfo Anne-Claire Chauvancy, responsable de la protection animale au sein de la Fondation assistance aux animaux.

«Les spectateurs ne veulent plus voir les animaux réduits à l’esclavage. Nous finançons la création de « sanctuaires » pour l’accueil d’éléphants, félins et primates libérés des cirques, c’est l’urgence» a réagi la Fondation Brigitte Bardot.

«C’est une évolution logique puisque les pratiques des cirques exploitant des animaux sont archaïques. Il est temps de se diversifier dans une activité éthique sans animaux» a ajouté l’association PETA.

Pinder veut conserver les animaux

Et les animaux que vont-ils devenir? Contacté par Franceinfo, le directeur du cirque affirme n’avoir aucunement l’intention de s’en séparer. «Il est hors de question que je vende quoi que ce soit. Toutes nos bêtes sont avec nous, explique Frédéric Edelstein, dans un terrain de 130 hectares avec une ferme, des bois. La propriété a été achetée par mon père il y a une vingtaine d’années.»

Emmanuel Macron sauveur du cirque?

En attendant, Gilbert Edelstein en appelle à Emmanuel Macron pour obtenir des subventions afin de pouvoir survivre. Une solution pour le cirque Pinder passe par la construction d’un parc d’attractions, «Pinderland», en Seine-et-Marne, dans l’objectif de s’y sédentariser et de supprimer les coûts d’itinérance.

«Il y aura une école de cirque, des cabanes dans les arbres, un musée du cirque Pinder-Jean-Richard et des spectacles de cirque… avec animaux. Il y en aura plus d’ailleurs que dans nos cirques en itinérance», a promis le propriétaire, interrogé par 20 Minutes.

Corentin Chauvel

Article écrit par Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, il a travaillé pour Le Monde, Radio France, Libération, 20 Minutes et EuroNews. Il est aussi co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.