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Des centaines d’éleveurs défilent à Lyon contre le loup

Ils réclament entre autres un quota d’abattage annuel supérieur.

Des centaines d’éleveurs ont manifesté lundi accompagnés de brebis à Lyon pour mettre la pression sur le futur plan loup, décidé pour la période 2018-2022.

«Des éleveurs n’en peuvent plus des attaques au quotidien»

A l’heure actuelle, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologiques ont décidé en juillet dernier de renouveler à 40 le quota annuel d’abattage de loups – qui court jusqu’en juin prochain. Parmi ce quota, 32 sont des prélèvements et huit loups peuvent être tués de manière défensive, alors que les éleveurs réclament un nombre de prélèvements largement supérieur – de l’ordre d’une centaine – ainsi qu’un droit de défense permanent.

«Des éleveurs n’en peuvent plus des attaques au quotidien. Or, tandis que le précédent plan allait dans le bon sens sous Ségolène Royal, celui d’une régulation du nombre de loups, l’arrivée de Nicolas Hulot, qui veut le maintenir au même niveau alors que leur population s’accroît, n’est pas acceptable. Les autorités disent qu’il y a 300 loups en France, mais ce n’est pas possible. Ils étaient 200 il y a 20 ans. Aujourd’hui, ils sont 800 à 1.000», a déclaré au Progrès Michel Joux, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes (Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles), qui demande un plan loup «pragmatique».

Une aide technique plutôt que des subventions pour les pro-loups

Du côté des associations pro-loups, on défend une cohabitation coûte que coûte.

«Plutôt que de subventionner massivement les éleveurs pour se protéger du loup, il vaut mieux les aider techniquement», a indiqué au quotidien régional Pierre Rigaux, de l’association Cap Loup. «La réalité, c’est que si la dernière réunion a capoté, c’est que les éleveurs rejettent une nouvelle mesure qui consiste à n’indemniser que ceux qui ont mis en place des systèmes de protection. C’est étonnant puisqu’ils disent tout faire pour se protéger», a-t-il ajouté.

Entre 2016 et 2017, plus de 8 000 têtes de bétail, surtout des ovins, ont été tuées dans des attaques de loups dans les Alpes-Maritimes, la Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, le Var, les Hautes-Alpes et l’Isère.

Article écrit par Corentin Chauvel

Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.