Virtual Assay, un logiciel pour remplacer les animaux de laboratoire

Ses créateurs, une équipe de l’université d’Oxford, ont remporté un prix spécial.

Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier/Flickr

La recherche pour remplacer les animaux de laboratoire avance. Une équipe de l’université d’Oxford, en Grande-Bretagne, a remporté ce mois-ci le prix 2017 NC3Rs, qui récompense les études en ce sens, a rapporté Gizmodo.

Cette équipe a développé «Virtual Assay», un logiciel qui remplace tout simplement les animaux utilisés pour des tests sur les effets de médicaments sur le coeur. Avec son aide, les chercheurs ont développé «un modèle informatique de cellules cardiaques humaines et effectué des milliers de simulations pour voir comment 62 médicaments (et 15 composés largement utilisés dans la recherche) affectaient les cellules», détaille le site américain. «Jumelé aux données cliniques actuelles, le modèle a pu deviner si une substance était potentiellement dangereuse pour le cœur», ajoute-t-il.

Des résultats meilleurs qu’avec l’expérimentation animale

Publiés en septembre dernier dans Frontiers in Physiology, les résultats sont extrêmement encourageants, surpassant même l’expérimentation animale: le logiciel a prédit qu’un médicament ou un composé pourrait provoquer une arythmie 89% du temps alors que les essais de médicaments sur les cellules cardiaques prélevées sur des lapins ne correspondaient aux données cliniques que jusqu’à 75% du temps.

Pour Elisa Passini, qui a mené l’étude, l’évaluation de la cardiotoxicité des médicaments nécessite de nombreux tests préliminaires impliquant jusqu’à 60 000 animaux de diverses espèces par an. «C’est là que nos modèles pourraient jouer un rôle majeur en remplacement», estime-t-elle, interrogée par Gizmodo.

Quatre groupes pharmaceutiques convaincus

Une technologie à laquelle croit notamment l’association Pro Anima, interrogée par Vegemag: «La simulation par ordinateur permet de recréer la structure d’une pathologie sur l’organisme afin d’obtenir un système valable. Les banques de tissus humains comme les banques de cerveau, permettent l’étude sur l’organe à court terme et enfin, la technique des organes sur puce permet d’imaginer de reproduire la métabolisation d’une substance. Tous ces outils utilisent des cellules humaines et proposent donc des résultats applicables à l’espèce humaine».

Et les principaux intéressés, les groupes pharmaceutiques, semblent également convaincues par Virtual Assay puisque quatre d’entre elles dont Merck et Janssen l’utilisent déjà.

Corentin Chauvel

Article écrit par Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.