Run4Science, une course à Genève pour une science sans cruauté animale

La course vise à sensibiliser et aider le développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale.

Photo: Tzivan Derveaux
Photo: Tzivan Derveaux

Ce dimanche avait lieu à Genève la deuxième édition de la Run4science. Une course populaire qui vise à soulever des fonds pour encourager le développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale et sensibiliser le public.

Plusieurs parcours étaient accessibles: 2km pour les enfants, 3.4km pour les jeunes et 6.8km pour les adultes, ainsi qu’un parcours de marche. Un petit village réunissant des associations actives pour les droits des animaux et contre la vivisection avaient aussi été érigé pour l’événement.

Photo: Tzivan Derveaux

Cette année, l’événement a regroupé plus d’une centaine de coureurs et marcheurs. Un score honorable pour un événement encore très jeune.

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«100% des fonds reversés pour des méthodes alternatives»

«Avec cette course, on essaye de lever des fonds pour la recherche grâce aux inscriptions des coureurs, des marcheurs et de plusieurs sponsors. L’intégralité de cet argent sera reversé à la recherche afin de soutenir des méthodes alternatives à l’expérimentation animale. Nous essayons aussi de démontrer au grand public l’intérêt de ces méthodes pour la santé humaine et pour les animaux» a souligné Joana Albuquerque Lopes, présidente de Run4science.

Pour l’association, il est tout à fait possible de se passer d’animaux dans la recherche. Le problème? Le manque d’argent. «C’est vraiment ce qui nous empêche d’avancer plus vite. On espère que ces prochaines années vont aider à lever des fonds et susciter de l’intérêt pour ces méthodes alternatives» a-t-elle ajouté.

Photo: Tzivan Derveaux

«Une course qui doit se développer»

Vera, 29 ans, a terminé la course à la 67e place sur 74. Un résultat sans réelle importance pour cette jeune militante qui souhaitait avant tout courir pour apporter son soutien au projet.

«C’est très important que cette association récolte des fonds. J’avais déjà participé à la course l’année dernière, et je milite depuis plusieurs années pour les droits des animaux. Il faut arrêter de leur faire du mal. J’espère que Run4Science va se développer, et que la recherche alternative va être un peu plus soutenue. C’est malheureusement loin d’être vraiment le cas.»

Des chercheurs encore réticents

L’autre objectif de Run4Science est aussi de sensibiliser les chercheurs, qui refusent bien souvent de s’ouvrir aux méthodes alternatives, comme le précisait Arnaud Gavard du comité scientifique Pro Anima dans un précédent article sur notre site.

«Il est difficile pour les chercheurs de remettre en cause une pratique qui existe depuis longtemps. Il s’agit pour eux d’une mauvaise habitude, dont ils ont du mal à se défaire. Mais des techniques modernes et éthiques sont aujourd’hui de plus en plus utilisées pour affiner les recherches en amont. Il ne reste plus qu’à voir les alternatives prendre de plus en plus de place pour finalement se substituer aux expériences sur animaux.»

Photo: Tzivan Derveaux

Fin de l’expérimentation animale: l’Europe frileuse

Lancée en 2012, une initiative citoyenne européenne «Stop Vivisection» a réuni plus d’un million de signatures pour mettre en évidence les «dommages à la santé humaine et à l’environnement que peuvent entraîner la recherche et l’expérimentation animale». En mai 2017, la Commission européenne n’a pas souhaité lui donner suite, jugeant la «position incohérente».

L’expérimentation animale ferait 11,5 millions de victimes par an en Europe. Dans le monde, quelque 500 millions d’animaux seraient tués dans les laboratoires. Des chiffres largement sous-estimés selon les associations, qui dénoncent l’opacité de laboratoires fermés et difficiles d’accès.

Photos: Tzivan Derveaux 

Cédric Garrofé

Article écrit par Cédric Garrofé

Journaliste professionnel et fondateur de Vegemag, il s'intéresse à la cause animale depuis près de 15 ans. Il a remporté le Prix Suva des Médias en 2018 et un Online Journalism Awards en 2017 avec la rédaction du journal Le Temps.