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L’Union européenne adopte une définition des perturbateurs endocriniens

Cela faisait plusieurs années que les Etats membres n’arrivaient pas à s’entendre.

Alors qu’une récente étude alarmante de 60 Millions de consommateurs révélait que tous les enfants étaient contaminés par des dizaines de perturbateurs endocriniens, les Etats membres de l’Union européenne se sont enfin mis d’accord mardi, après plus de trois ans de discussions, sur une définition de ces agents chimiques multiples (phtalates, bisphénol A, pesticides…) visant à les interdire.

«Une fois appliqué, le texte assurera que toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché», a indiqué le commissaire européen à la Santé et à la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, cité par 20 Minutes.

Les perturbateurs endocriniens «avérés et présumés» concernés

Désormais, le texte doit passer dans les trois mois à venir au Parlement européen afin qu’il soit définitivement adopté. Suivra une période de transition de six mois au cours de laquelle l’Agence européenne de la sécurité des aliments et l’Agence européenne des produits chimiques établiront un guide pour l’application des critères, selon le quotidien.

Ces critères concerneront des perturbateurs endocriniens «avérés et présumés (…), en tenant compte de toutes les preuves scientifiques pertinentes, dont les études sur les animaux, in vitro ou in silico, et en utilisant une approche basée sur les preuves», précise la Commission européenne.

Une définition laxiste?

Pour la Fondation Nicolas Hulot, désormais dirigée par Audrey Pulvart, on juge que la décision de l’UE «laisse un goût amer», car trop minimaliste, tout en espérant que ce premier pas «permettra d’avancer».

Pour l’ancienne ministre Corinne Lepage, la définition est tout aussi inacceptable, précisant que les «lobbys de la chimie doivent sabler le champagne».

«Une avancée importante pour la santé et l’environnement»

Cette réglementation à l’échelle européenne était très attendue par les associations de consommateurs notamment afin d’offrir une restriction renforcée des perturbateurs endocriniens, que l’on retrouve dans de nombreux aliments et produits, et pouvant provoquer des complications pour le développent normal de l’organisme, en particulier chez les enfants.

Dans un communiqué, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a affirmé qu’il s’agissait «d’une avancée importante pour la santé et l’environnement» et que «le gouvernement s’engage à utiliser la procédure prévue par le droit européen permettant, sur la base d’analyses scientifiques et techniques menées au niveau national, d’interdire la mise sur le marché français de produits contenant ces substances».

Corentin Chauvel
Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour l'édition Brésil du Petitjournal.com, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.