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Deux nouvelles études confirment la toxicité des néonicotinoïdes sur les abeilles

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, avait envisagé cette semaine de revenir sur son interdiction en France.

Matignon aura vu juste lundi en donnant raison à son ministre de la Transition écologique plutôt qu’à celui de l’Agriculture sur la confirmation de l’interdiction des néonicotinoïdes en France. Deux nouvelles études publiées jeudi par Science ont confirmé la toxicité sur les abeilles de ces composants de pesticides.

Celles-ci ont un caractère inédit puisqu’elles ont été menées sur le terrain et non en laboratoire comme les précédentes, ce qui faisait que certaines législations, comme l’européenne, revendiquée par Stéphane Travert, pouvaient rester plutôt souples quant à l’utilisation de ce type de produits par les agriculteurs.

Des effets nocifs, exposées directement ou indirectement

La première étude, menée par une équipe canadienne, a étudié des abeilles butinant autour de champs de maïs arrosés aux néonicotinoïdes et d’autres dans des zones sans pesticides. «Les abeilles se nourrissent du pollen de plantes qui sont dans le voisinage des champs de maïs. Ces plantes se retrouvent contaminées par les néonicotinoïdes parce que ceux-ci, solubles dans le sol, sont absorbés par les racines des autres plantes et, pris dans leur système vasculaire, contaminent leur pollen», explique l’une des auteures, citée par Le Temps.

A l’aide d’autres expériences complémentaires, soumettant directement les abeilles aux néonicotinoïdes, les chercheurs ont constaté que «les abeilles exposées au stade larvaire ont une espérance de vie de 23% moins longue que le groupe contrôle, non exposé», indique le quotidien suisse, mettant ainsi en danger les futures générations de l’essaim. Et la mortalité est doublée lorsque qu’un fongicide y est associé, comme c’est souvent le cas dans les zones agricoles.

Toutes les espèces touchées

La seconde étude, européenne, a elle été réalisée à plus grande échelle sur trois espèces d’abeilles issues de 33 d’Allemagne, du Royaume-Uni et de Hongrie. Dans tous les cas, mêmes si certaines espèces résistent mieux que d’autres, les néonicotinoïdes ont des effets nocifs sur les insectes, dont la population décline au fil du temps.

Corentin Chauvel
Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour l'édition Brésil du Petitjournal.com, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.