Le Parti animaliste, un nouveau venu pour faire entrer la question animale en politique

Le Parti animaliste présente 147 candidats aux législatives. Rencontre avec Isabelle Dudouet-Bercegeay, cofondatrice du parti.

Lancé en mars 2016, le Parti animaliste se prépare à vivre ses premières législatives avec l’objectif de faire entrer la question animale en politique. Isabelle Dudouet-Bercegeay, cofondatrice du parti et candidate dans la 2e circonscription de Loire-Atlantique le présente.

Vous présentez 147 candidats aux législatives. Quel est votre objectif?

Alors que les scandales de maltraitance animale se succèdent, notamment dans nos abattoirs et nos élevages, alors que 8 Français sur 10 reconnaissent comme un enjeu important, les décideurs politiques brillent par leur inaction. Ce véritable déni de démocratie n’est plus acceptable.

C’est pourquoi, après avoir fondé le Parti animaliste, centré sur la question animale, nous présentons 147 candidats aux élections législatives, dans un esprit de justice et de progrès. En effet, le travail formidable des associations se heurte au réglementaire qui n’évolue pas. Ce sont bien les députés qui votent les lois, c’est pourquoi notre objectif est de politiser la question animale.

En présentant des candidats aux élections législatives, nous entendons ainsi le faire admettre aux autres partis politiques, notamment aux partis disposant de députés. En outre notre présence à ces élections a permis une large médiatisation, contribuant ainsi à faire avancer l’idée de la politisation de cette question.

Que proposez-vous?

Le programme du Parti animaliste contient des mesures touchant toutes les thématiques. Il propose par exemple de créer un Ministère de la Protection animale, d’aggraver les peines prévues pour les actes de cruauté, les sévices graves et les abandons ou d’abolir les pratiques particulièrement génératrices de souffrance dans les élevages, les transports et les abattoirs comme l’interdiction de l’élevage en cage sous 10 ans.

Nous voulons aussi fixer pour objectif national de réduire la consommation de produits animaux de 25% en 2025 par rapport à 2015, et bien sûr d’abolir la corrida.

Quels sont les profils de vos candidats?

Nos candidats sont issus de toutes les catégories d’âge, de toutes les origines sociales, de toutes catégories professionnelles: médecin, physicien, infirmières, étudiants, avocats, chefs d’entreprises, retraités, assistante maternelle, employés de commerce…

Deux fois sur trois nos candidats sont des candidates.

Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours ne vous avantage pas vraiment…

Notre objectif n’est pas tant de faire élire des députés, le mode de scrutin ne s’y prêtant effectivement pas, que de politiser la question animale. Nous souhaitons en effet que chaque parti politique s’empare de cette question, quelque soit sa position sur l’échiquier politique.

Votre parti ne dispose pas vraiment de fonds. Comment faire campagne?

6 mois après le lancement officiel du Parti animaliste, nous présentons 147 candidats aux législatives. Notre budget pour cette campagne électorale est de 75’000 euros pour l’ensemble de nos candidats, ce qui correspond au budget de seulement 2 candidats pour un parti politique traditionnel.

Avec un tel budget, nous ne pouvons pas faire imprimer des professions de foi, nous n’avons pu assurer que l’impression des affiches électorale, et l’impression des bulletins de vote, que les électeurs trouverons dans les bureaux de vote des circonscriptions concernées par nos candidatures.

Le Parti animaliste est indépendant politiquement et financièrement, aussi nous nous finançons entièrement par les adhésions (1500 à ce jour), et les dons. La réglementation française étant très stricte, nous ne pouvons pas faire appel à des personnes morales comme des entreprises par exemple, nous ne pouvons pas plus faire appel au financement participatif comme des cagnottes en ligne par exemple. Si nous avions eu plus de financement, nous aurions pu présenter plus de candidats.

Hirigoyen Jerome

Le Parti animaliste a-t-il vocation à poursuivre l’aventure après les législatives?

Les élections législatives seront le point de départ d’une inscription dans la durée du Parti animaliste dans le paysage politique français, et elle se poursuivra en 2019 lors des élections européennes.

Ces élections européennes seront l’occasion de travailler conjointement avec les autres partis politiques animalistes européens avec lesquels nous sommes en relation depuis 3 ans. Avant cela nous continuerons de construire le parti, avec par exemple la création des groupes locaux.


Ils sont candidats

Claire Calon (1ère circonscription de l’Ardèche)
27 ans, assistante en ressources humaines

«Pour faire avancer les choses, il faut également que soient prises des mesures concrètes comme l’adoption de lois ou la modification de lois déjà existante en faveur du bien-être animal. En combinant sensibilisation et législation, nous pourrons arriver à une avancée satisfaisante.»

David Vigeant (1ère circonscription du Morbihan)
32 ans, Courtier Immobilier

«Aujourd’hui le travail des associations est indispensable pour faire prendre conscience aux citoyens toute la sphère qu’englobe la question animale. Prendre en considération un animal, c’est prendre en considération tout la sphère sociale de celui-ci et l’homme en fait partie.»


D’autres partis pour les animaux

Outre le Parti animaliste, d’autres mouvements revendiquent la défense des animaux, notamment l’Alliance écologiste indépendante ou plus récemment le Parti antispéciste citoyen pour la transparence et l’éthique. Ils présentent eux aussi des candidats aux législatives.

Cédric Garrofé

Article écrit par Cédric Garrofé

Journaliste professionnel et fondateur de Vegemag, il s'intéresse à la cause animale depuis près de 15 ans. Il a remporté le Prix Suva des Médias en 2018 et un Online Journalism Awards en 2017 avec la rédaction du journal Le Temps.