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Les Suisses pourraient bientôt voter pour interdire les pesticides

La mesure, d’initiative populaire, prévoit la fin des subventions publiques aux agriculteurs utilisant des pesticides…

Les Suisses n’aiment pas plus les pesticides que les Français. Une initiative populaire baptisée «Pour une eau potable propre et une alimentation saine» a recueilli ce mois-ci les 100 000 signatures lui permettant, peut-être, un prochain vote populaire. Elle prévoit que les agriculteurs usant de pesticides pour leurs cultures ou d’antibiotiques pour leurs animaux ne recevront plus de subventions du gouvernement.

Le texte devrait être envoyé dans les prochains mois à la chancellerie suisse qui le validera avant son passage devant l’Assemblée fédérale. Si cette dernière l’accepte à son tour, il sera alors soumis au référendum. L’Union suisse des paysans (USP) s’est engagée à utiliser moins de pesticides, mais elle est défavorable à une suppression définitive, selon 20 Minutes.

Une autre initiative en cours plus radicale

Une autre initiative populaire, lancée récemment et baptisée «Pour une Suisse libre des pesticides de synthèse», entend elle justement bannir totalement les produits phytosanitaires du pays pendant au moins dix ans. Nous sommes dans une urgence sanitaire et écologique sans précédent, la biomasse disparaît à une vitesse fulgurante, la fertilité des sols arables s’amenuisent, les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme au vu de la recrudescence des problèmes neurologiques, des malformations congénitales, de la baisse de fertilité et des perturbations du système endocrinien», souligne Antoni Da Campo, qui milite pour l’initiative.

Il estime que «l’acceptation du texte par le peuple obligera les pouvoirs publics à mettre en place des structures d’aides, de conversion de la paysannerie et du secteur primaire», et espère créer ainsi «un appel d’air politique, écologique, agraire, scientifique économique supranational» avec des initiatives similaires dans d’autres pays.

Pour que leur texte soit transmis à la chancellerie suisse, il doit atteindre les 100.000 signatures d’ici mai prochain.

Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.