Au Chili, la culture des avocats provoque un désastre écologique

Le fruit est très demandeur en eau et en espaces en raison de sa forte demande.

Véronique Jourdain/Flickr

L’avocat, ce fruit star. Plébiscité par les amateurs de nourriture saine pour ses valeurs nutritionnelles – près de 20 vitamines, il est de tous les menus et connaît un boum mondial (+3% par an), et particulièrement en occident, depuis près de 30 ans. Sauf que sa production a un impact considérable sur l’environnement, notamment au Chili.

Des calamités irrémédiables

Le pays d’Amérique du Sud est le 4e exportateur d’avocats derrière le Mexique, le Pérou et l’Australie, avec 144 000 tonnes exportées en 2017 (+37% par rapport à 2016), selon El Diario Financiero. Devant la demande toujours plus forte, les cultures s’étendent et posent des problèmes irrémédiables.

L’avocat est très gourmand en eau: 100 000 litres d’eau par jour pour un hectare, le même volume que pour la consommation de 1 000 habitants, selon National Geographic. Au Chili comme au Mexique, l’irrigation n’est pas optimisée et l’assèchement des sols est problématique, tout comme la déforestation mise en œuvre pour étendre la production quand ce ne sont pas les autres cultures essentielles (pommes de terre, tomates, vergers) qui sont remplacées.

Des rivières asséchées

La région chilienne de Petorca est la plus touchée. Avec 800% de cultures en plus depuis les années 1990, il n’y a plus une seule goutte d’eau pour les habitants de certaines municipalités qui doivent se faire livrer par camion comme pour la faune et la flore qui ne peuvent plus compter sur les rivières de la région, asséchées depuis une dizaine d’années. L’écosystème a alors été complètement déréglé car sans ces eaux, il n’y a plus d’évaporation donc plus de pluies.

Ajouté à cela, les avocats ont également une empreinte carbone nocive par la suite puisque, pour assurer une conservation optimale, ils sont exportés vers l’Amérique du Nord et l’Europe par avion sous une température de 6°C avant d’être maintenus ensuite à 25°C pour être vendus à parfaite maturité, selon Boursorama. Résultat: 1,3 kilo de CO2 émis pour 1 kilo d’avocat consommé.

>> Voir un reportage d’Envoyé Spécial sur la culture des avocats et ses conséquences au Mexique ci-dessous:

Corentin Chauvel

Article écrit par Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, il a travaillé pour Le Monde, Radio France, Libération, 20 Minutes et EuroNews. Il est aussi co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.