Sommes-nous victimes ou coupables de la «végéphobie»?

Dans une tribune, la blogueuse Delphine Martin juge que le manque d’empathie trouble les relations entre omnivores, végétariens et vegans.

PETA's Virginia Fort (L) and Ashley Perez attend PETA's Sexy Lettuce Ladies unveiling of the new PETA 'Turn Over A New Leaf: Go Vegan' campaign.

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Pourquoi parle-t-on de plus en plus de «végéphobie»? Est-elle exponentielle à la croissance du nombre de végétariens ou vegans dans notre pays? Et faisons nous preuve d’empathie face à ceux qui nous attaquent? Ne pouvons-nous pas envisager que c’est peut-être nous qui les attaquons? Car on a peut-être trop vite oublié que nous avons été comme eux.

Pour nous faire accepter, il faut expliquer notre vision des choses pour faire connaître nos positions, et non pas pour tenter de faire admettre que nous avons raison.

Nous aussi nous jugeons les omnivores

Lorsque nous cherchons à nous faire comprendre des omnivores, ils nous écoutent rarement. Leur opinion est déjà bien figée. Pourquoi? Car ils sont sur la défensive, et ils refusent d’admettre, souvent par fierté, que nous avons raison, et qu’ils ont tort.

Même si nous ne faisons pas de prosélytisme, nous aussi on juge. Et c’est pour cela que la communication entre omnivores, végétariens et vegans est souvent difficile. Alors si l’on parle de «végéphobie», c’est parce que le mouvement végétarien tend à renverser et chambouler toute une culture, un patrimoine, une économie et un système.

Communiquer ne consiste pas à un rapport de force

De façon plus individuelle cela bouscule les croyances et les valeurs d’une personne qui n’est tout simplement pas encore préparée à changer. Nous avons tous notre parcours, et de nombreuses personnes n’ont pas connu des personnes qui ont réussi à les sensibiliser à la cause animale. Communiquer ne consiste pas en un rapport de force, c’est comprendre autrui, et lui laisser le droit d’exister suivant ses choix et ses valeurs.

Donc oui. Selon moi, chacun a sa part de responsabilité dans cette «végéphobie», et nous ne sommes pas obligés de l’alimenter. Je ne renie pas mon passé d’omnivore car pour moi, cela m’aide à mieux comprendre comment les autres pensent et fonctionnent.

Chaque personne change quand elle est prête et qu’elle le souhaite

Et cela m’aide. En ne répondant pas de façon agressive, par exemple, lorsqu’un omnivore se moque de mon régime alimentaire, de mes positions. Si vous prenez le temps de réfléchir à tout cela, de vous rappeler votre ancienne vie, vous pourrez faire preuve d’empathie.

Car ne l’oublions pas. Chaque personne change quand elle est prête et qu’elle le souhaite. Et malheureusement, on peut aussi se rendre compte que certaines personnes ne ne changeront pas aussi facilement. Et là, on n’y pourra pas grand chose.

Article écrit par Delphine Martin

Rédatrice spécialisée sur la thématique animale.