Pourquoi j’ai refusé que mon fils aille au Marineland d’Antibes avec sa classe

Audrey, 32 ans, a refusé – en accord avec son fils – que celui-ci se rende au Marineland d’Antibes avec sa classe de CE1. Elle s’explique.

A la fin du mois de mai, Mani, mon fils de 7 ans, m’a annoncé qu’il y allait avoir une sortie à Marineland d’Antibes avec sa classe de CE1. Un moyen de fêter la fin d’année.

Nous avons rapidement compris qu’il y allait y avoir un problème, car mon enfant – très sensible au sort des animaux – s’est toujours montré hostile envers cet établissement.

Je lui ai expliqué que son choix serait le mien, que je lui rédigerai un mot d’excuse s’il voulait ne pas participer à cette journée. Il m’a confirmé son refus, et j’ai rédigé ce petit mot, qui fait tant parler ces jours-ci sur Internet.

Le message: «Nous pensons qu’il n’est pas éthiquement acceptable que des dauphins et des orques qui parcourent entre 100 et 200 km/jour dans la mer soient enfermés dans des piscines et sautent dans des cerceaux. J’enseigne à mon enfant à ne pas s’émerveiller de la détresse animale. Merci de votre compréhension. Coeurdialement, Audrey»

Ne pas imposer mon choix

Contrairement à ce que j’ai pu lire dans certains commentaires, je n’ai jamais voulu imposer un quelconque choix à mon enfant. Mani aime simplement beaucoup les animaux. Il en a le droit. Et c’est aussi mon devoir de le soutenir.

En avril, nous avons joué à un jeu où il devait faire des voeux. L’un devait nécessairement être altruiste. Et il avait souhaité, seul, que les dauphins ne soient plus enfermés dans des parcs animaliers marins. Sa réponse m’avait beaucoup touché.

Quand il avait 5 ans, il avait aussi participé à une journée en mer avec l’association SOS Grand Bleu. L’occasion de voir des animaux marins en liberté. Il avait adoré, je pense que cela l’a beaucoup aidé à se sensibiliser au sort des animaux.

Donner à réfléchir

Si j’ai souhaité apporter une justification dans ce mot d’excuse, ce n’est en aucun cas pour faire une leçon de morale à la maîtresse. Je me suis simplement dit que celle-ci n’avait peut-être pas forcémment conscience que les animaux du Marineland ne sont pas là où ils devraient être.

Que ce petit explicatif pourrait être une bonne manière d’ammener à réfléchir. D’ailleurs, elle m’a répondu de manière très simple, et sans chercher à me contredire: «C’est votre point de vue, je le respecte!»

L’empathie comme éducation

Avec mon enfant, j’ai toujours souhaité cultiver l’empathie, la capacité de se mettre en lien avec l’autre dans ses joies, comme dans ses peines.

Les animaux sont des êtres sensibles, intelligents, qui ont besoin d’espace et de liberté. Comment peut-on s’émerveiller quand on a conscience de leurs besoins? Si les enfants savaient tout cela, ils ne voudraient plus aller dans ces parcs.

Ni le dauphin, ni l’orque, ni l’otarie, ne se sont portés volontaires pour animer des spectacles dans une piscine.

Notre relation aux animaux a besoin d’être repensée. Les enfants sont sensibles à la vérité, et ce que nous leur présentons est un leurre, un mensonge.

Ils sont d’ailleurs tout à même à fait de comprendre que lorsque nous aimons les animaux, la première des choses à faire est de respecter leurs conditions de vie et leur habitat.

Les animaux sont de plus en plus soutenus

Cette expérience a été très bénéfique pour notre famille. J’ai été touchée par les nombreux messages positifs que j’ai reçus.

Mani est également ravi. Hier, il m’a dit: «Regarde maman, les voeux ça marche!». Cet été nous irons voir les dauphins. Oui, mais dans leur milieu naturel, avec une association.

Ce petit mot d’excuse posté sur ma page facebook a fait beaucoup parler. De nombreux médias se sont emparés de l’histoire pour raconter notre histoire. Les commentaires, les partages, les «J’aime» se sont multipliés.

Cela m’a fait comprendre que les gens accordent de plus en plus d’importance au bien-être des animaux.

Mon fils sera toujours libre de choisir. S’il avait voulu participer à cette sortie, il y serait allé. Il a décidé que non, tout seul, je l’ai simplement soutenu.

Certains peuvent croire qu’un enfant de 7 ans ne peut pas décider seul, c’est faux. A cet âge là, on est capable de prendre des décisions en pleine conscience. Et cela me rend d’autant plus fière de lui.

Article écrit par Audrey Scaviner

Entrepreneuse et youtubeuse, j’ai fondé Zoom Thérapie, média qui propose des formations en ligne et interviews autour du bien-être.