Pourquoi j’ai couru 750 kilomètres en soutien au véganisme

Régis Mangeot, 48 ans, coureur d’ultra-endurance a parcouru 750 km de Paris à Toulouse. Il s’explique.

Photo: Régis Bouriez

Le 31 août 2017, je me suis lancé dans une course de 750 km entre Paris et Toulouse.

Un projet un peu fou pour défendre les animaux, démontrer que le véganisme permet de vivre parfaitement, et qu’il est même possible de faire du sport de haut niveau.

Je tenais aussi à apporter ma pierre dans la lutte contre le spécisme. Une discrimination basée sur l’espèce et qui pousse à traiter inhumainement les autres habitants de cette terre, sous un faux prétexte de supériorité qui en vérité devrait nous obliger à protéger, non pas à tuer, décimer, à torturer.

La préparation

En 1991, je pesais 93 kg pour 1,73 m. C’est pour cela que je me suis mis à faire du sport, d’abord en courant 2 fois par semaine.

En 2000, j’ai commencé à courir avec des plans d’entrainement trouvés dans des revues spécialisées, puis j’ai parcouru mon premier 100 km, sans assistance.

Même si je fais beaucoup de sport depuis de nombreuses années, j’ai du courir plus de 150 km par semaine dès juin pour bien me préparer à cette nouvelle épreuve.

Au niveau du matériel, j’avais prévu le strict nécessaire, pour courir léger.

750 kilomètres, comme les 750 espèces disparues

J’ai démarré ma course place de la République à Paris. Une évidence pour le message qu’elle symbolise: «Liberté, Egalité, Fraternité». Et je prévoyais d’arriver à Toulouse le 10 septembre, place du Capitole.

Pourquoi cette ville? Car sur mon parcours, elle était distante de 750 km de la capitale française. Un nombre qui évoque les 750 espèces disparues de notre terre depuis 1500.

De bonnes surprises

Si le terrain a été difficile, je n’ai rencontré aucun problème particulier. Quelques douleurs bien sûr, mais c’est normal quand vous courez 750 km en 11 jours!

Pour être honnête avec vous, je ne pensais d’ailleurs pas que cela se passerait aussi bien. Les paysages étaient magnifiques, j’ai vu de nombreuses personnes, des animaux. J’ai même reçu la médaille de la ville d’Etampes, un honneur!

Enfin, j’ai eu la chance d’être hébergé par de nombreux sympathisants de la cause animale, et aussi par la famille d’un ami ultra-marathonien.

Je tiens à les remercier, ils ont toujours été là pour me soutenir dans ce projet et me mettre dans de bonnes conditions pour achever le parcours.

Un petit imprévu

Durant mon parcours, je n’avais qu’une lampe et un peu de nourriture. Sur l’avant-dernière étape, l’arrivée à Montauban, j’ai pris une averse incroyable. La lampe n’a pas tenu le choc! J’ai alors utilisé mon téléphone mobile comme torche, ce qui était peu pratique mais cela m’a permis de voir et surtout d’être vu.

Cela peut paraître bénin, mais lorsque vous vous engagez dans une tel challenge, une telle péripétie peut vraiment influencer sur le moral d’un athlète.

Vive les légumes

Et mon alimentation alors? Plutôt simple! Le matin, avant le départ, je consommais plutôt des flocons d’avoine avec du lait végétal. Et bien sûr, toujours de l’eau pour bien m’hydrater.

Lors de la course, j’avais à disposition des barres crues, des pistaches et des fruits secs. Enfin, j’avais mis de la spiruline sous forme liquide dans une flasque. C’est tout, pas de boisson énergisante.

Parfois à midi, je m’arrêtais pour manger des plats végétaliens achetés dans des épiceries.

Le soir, c’était tofu, légumes (concombre, tomates), du riz ou des lentilles. Je cherchais surtout à m’adapter aux repas végétaliens préparés par mes hôtes.

L’arrivée à Toulouse

Le 10 septembre, je suis finalement arrivé à Toulouse. Un véritable bonheur, surtout que c’était sur la magnifique place du Capitole.

J’ai été très heureux de voir que des personnes étaient là pour m’attendre. Nous en avons profité pour aller manger au restaurant!

Interview réalisée à mon arrivée par la page «L’Animal est une Personne», que je remercie pour le soutien et le partenariat.

Prêt pour de nouvelles aventures

De nombreux médias ont parlé de mon challenge. Je pense que cela aidera les animaux, et démontrera que les vegans ne sont pas des êtres carencés qui ne peuvent pas faire de sport.

J’ai d’autres idées, toujours plus folles, et toujours sur de la longue distance.

Vous entendrez donc bientôt parler à nouveau de moi!

Article écrit par Régis Mangeot

48 ans, cadre dans la fonction publique, végétalien, je pratique la course à pied, en ultra-endurance depuis plusieurs années, pour le plaisir.