Lettre à Myriam S., végane et heureuse de la mort du boucher de Trèbes

Une militante de la cause animale s’est réjouit publiquement de la mort du boucher de Trèbes. Des propos éminemment condamnables. Le véganisme est intrinsèquement lié à la non-violence. Et celle-ci s’applique tant pour les animaux, que pour les humains.

Chère Myriam S.,

Végane, tu milites depuis plusieurs années pour les droits des animaux. Une cause noble, tant la cruauté envers eux est réelle dans notre société. Ce mercredi, tu as décidé de te réjouir publiquement de la mort du boucher du Super U tué dans l’attentat de Trèbes vendredi.

Il s’appelait Christian Medves, il avait 50 ans. Ses amis lui ont rendu hommage décrivant l’homme et le père «passionné et attachant» qu’il était.

Ta publication provoque une vague de réactions violentes sur les réseaux sociaux. Une enquête pour apologie du terrorisme a été ouverte à ton encontre.

Ton comportement pousse à s’interroger sur l’absence de réflexion de certains militants de la cause animale, qui ne semblent vouloir ou pouvoir diffuser leurs idées que par la haine de l’autre.

Le véganisme est une philosophie de vie intrinsèquement liée à la non-violence. Une non-violence qui s’applique envers tous les êtres sentients peuplant cette terre.

Es-tu consciente de la blessure que tu portes à la cause que tu prétends défendre? A la communauté à laquelle tu prétends appartenir?

Avoir des convictions ne devra jamais faire oublier le devoir d’exemplarité que chacun se doit de porter.

En se réjouissant de l’assassinat d’autrui, et donc en soutenant un acte terroriste, on ne fait qu’une seule chose: apporter son soutien à la violence.

Et cette violence reste la même, qu’elle soit portée sur des humains ou des animaux.

Avec ta déclaration, les réactions négatives qu’elle entraîne, on peut le dire: la cause animale – qui te semble pourtant si chère – en ressort définitivement bien perdante.

 

Cédric Garrofé

Article écrit par Cédric Garrofé

Journaliste professionnel depuis plus de 7 ans, j’ai fondé Vegemag en 2014. Je suis aussi intervenant au Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM).