10 choses que j’aurais voulu savoir avant de devenir végan

Matt Frazier est végétalien et coureur de haut niveau. Il se souvient avec humour et recul de ses débuts dans le véganisme.

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En devenant végétarien, je savais que ma prochaine étape serait de devenir végan. Il m’a fallu deux années avant d’arrêter les œufs, le lait, le beurre et le fromage.

Aujourd’hui, j’ai assez de perspectives pour souhaiter retourner dans le passé et donner à mon moi pré-vegan (ou quelqu’un d’autre dans la même situation) quelques conseils pour lui annoncer ce qui va arriver.

1 – Les blagues ne s’arrêteront pas

Depuis que je suis végan, je subis de nombreuses moqueries. Je suis désolé de le dire, elles ne s’arrêteront pas.

La réplique préférée de mon père quand il goûte à l’un de mes plats: «Ce serait excellent avec quelques boulettes de viande!» C’est une blague évidemment, surtout car il la répète constamment.

Et dans à peu près toutes les soirées, on reçoit une blague de quelqu’un qui semble tout fier de penser être le premier à la faire: «Tu veux que je te mettre un peu de viande dans ton plat? Oh, c’est vrai… ah ah ah!»

Un jour, mon oncle m’a donné une assiette composée d’une unique feuille de laitue iceberg, et a hélé pour que tout le monde entende: «Hey Matt, regarde. Ton dîner!» J’ai vraiment souri à celle-ci.

Bref, mon premier conseil serait de dire: habituez-vous aux vannes.

Vous pouvez en rire ou saisir l’occasion d’expliquer pourquoi votre régime alimentaire est important pour vous. C’est à vous de voir, mais désolé, cela ne s’arrêtera pas.

2 – Arrêter le fromage n’est pas si difficile

Je ne dis pas qu’arrêter le fromage est facile. La vie sans lui demande quelques ajustements, surtout si vous comptez sur lui dans les quelques plats végétariens proposés dans les restaurants traditionnels.

Je pensais que le fromage me manquerait à l’apéritif, avec un verre de vin ou une bière. Mais il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour découvrir que le remplacer par des cacahuètes ou des crackers était tout aussi satisfaisant en termes de goût salé entre deux gorgées.

Je pensais aussi que le fromage sur la pizza me manquerait. Mais désormais, les pizzas vegan sont juste des pizzas normales dans mon esprit, et je n’ai rien perdu.

La clé pour abandonner ce dernier morceau de fromage – auquel je me suis accroché pendant des mois – a été tout simplement de me décider à le faire.

3 – Devenir vegan peut être un peu plus cher

Si nous faisons le calcul, il n’y a aucune raison que manger végétarien ou vegan soit plus cher que manger de la viande, car celle-ci est l’un des produits les plus chers trouvable au supermarché.

Pourtant, désormais, je passe une fois et demie à deux fois plus de temps dans les supermarchés. Pourquoi? Parce que devenir vegan m’a mené sur le chemin de la nourriture ultra saine.

Je fais mes courses aux marchés fermiers et dans des boutiques bio beaucoup plus qu’avant de devenir vegan, donc c’est plus cher. Devenir vegan m’a fait apprendre bien plus sur la nourriture au point que j’ai peur de ne pas être assez sélectif et sceptique sur ce que j’achète.

Vous avez déjà entendu parler de l’adage «payer maintenant ou payer plus tard»? L’argent que l’on dépense pour la nourriture la plus saine possible est un investissement pour notre santé future qui sera payante à l’avenir. J’en suis certain.

4 – Cuisiner peut devenir une passion

Paradoxalement, j’ai perdu beaucoup d’intérêt à cuisiner quand je suis devenu végan. Je réalise que je fais partie d’une vraie minorité quand je dis ça car la plupart des chefs avec qui j’ai discuté se sont découverts une passion pour la nourriture après être devenus vegans.

Me concernant:

D’abord, les plats vegans demandaient un peu plus de préparation. Ensuite, sans viande ou fromage pour fournir le plein de protéines et de graisses sans glucides, il n’y avait pas besoin de l’équilibrer avec un accompagnement élevé en glucides.

Alors, au lieu de préparer deux ou trois accompagnements pour dîner, je suis passé à des repas à plat unique: pâtes, légumes frits, salade géante, smoothie…

C’était une question de praticité et de simplicité qui, bien que moins «gastronomique», s’est parfaitement bien intégrée avec d’autres changements dans mon mode de vie.

5 – Nous sommes plus influents qu’on le pense

Pour être honnête, je ne m’attendais pas à ce que mes amis et ma famille changent eux aussi, en raison de ma décision de devenir végan.

Aujourd’hui, je m’apperçois que j’ai au moins une demi-douzaine d’amis qui sont déjà venus me dire avec enthousiasme qu’ils mangeaient moins de viande grâce à moi.

Certains ne mangent plus de poisson, d’autres sont devenus végétariens et même vegans. Il faut dire ce qui est. Avoir un régime végétairen ou végan pousse les gens à s’interroger sur eux-mêmes, même quand on ne cherche pas forcément à les influencer.

6 – Rester exemplaire

Me rappeler que je suis un ambassadeur d’une cause (comme tout végétarien ou vegan l’est, qu’il le veuille ou non) a été important dans ma volonté de rester en forme, de poursuivre des accomplissements sportifs et de faire un effort pour conserver au moins un peu de muscle.

Mais il est nécessaire de dire qu’être exemplaire va au-delà de la condition physique.

Certains vegans trouvent leur identité en prêchant, critiquant les autres, je ne partage pas du tout cette façon de faire.

C’est au contraire, selon moi, en étant ouverts et tolérents que nous pouvons mieux convaincre et représenter la cause que nous défendons.

7 – Même si vous voulez minimiser les choses, ça va faire parler

Je n’ai pas rencontré de vegans qui soient plus discrets à ce sujet que ma femme et moi. Nous n’essayons pas de pousser les gens à devenir vegans, nous encourageons ceux qui nous confient manger plus d’aliments complets, même si leur régime est plus « paléo » que vegan, et aucun de nous n’est du genre à aimer débattre à propos de ce que chacun « devrait » manger.

Et pourtant, malgré cette attitude très détachée et nos efforts pour éviter tout ce qui pourrait paraître insistant, j’estime qu’une fois vegans, nous avons partagé moitié moins de repas avec nos familles et amis qu’auparavant, voire moins.

Devenir vegan est une affaire importante, que vous le vouliez ou non. Certaines personnes penseront que vous les jugez et n’oseront pas vous préparer de repas, même si c’est seulement parce qu’ils ont peur de ne pas y arriver. D’autres ne feront même pas l’effort, ce qui est tout à fait compréhensible. Et bien qu’il n’y ait aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas inviter autant qu’avant ces mêmes personnes, je vois bien comme un repas vegan manque d’attrait, même pour des mangeurs moins téméraires. Du coup, j’invite moins souvent qu’avant (je devrais d’ailleurs faire un effort là-dessus).

8 – Vous verrez qui sont vos vrais amis

Le fait de manger globalement moins de repas avec famille et amis vous permet en revanche de voir avec plaisir qui trouve votre nouveau régime alimentaire formidable, qui se mettra en quatre pour être certain que vous avez quelque chose à manger à toutes les fêtes qu’ils organisent, et qui sera pressé de goûter à votre cuisine et vous posera d’intelligentes questions sur la façon dont vous mangez.

Cela a beaucoup compté pour moi. C’est une nouvelle et une merveilleuse qualité que vous découvrez alors chez des gens que vous aimez et respectez déjà – et lorsque que quelqu’un vous traite de cette manière, vous vous sentez reconnu, respecté et aimé aussi.

9 – La communauté est très large

Lors de ces deux dernières années, je me suis retrouvé plusieurs fois très seul, m’interrogeant pour savoir si mon alimentation n’était pas néfaste à ma vie sociale.

Pourtant, grâce à Internet, on peut entrer en contact avec de nombreuses personnes qui partagent nos valeurs. La communauté est très importante, et se développe. Il ne faut pas hésiter à chercher ces personnes.

10 – Votre vie va changer

Être vegan a changé bien plus de choses en moi que ma seule alimentation. J’ai été encouragé à explorer de nouveaux horizons, allant au-delà des limites de ce qui est considéré comme traditionnel dans notre société.

Du rejet du four à micro-ondes, à l’ajout de brocolis dans mes smoothies – devenant ainsi un expert en nutrition – en passant par la possession de moins de choses.

Il n’y a rien qui explique que devenir vegan puisse nous pousser à être anticonformiste. Mais pour moi, c’est comme cela que cela a marché. Et dans l’absolu, je m’apperçois de jour en jour que c’est une véritable progression dans ma vie.

>> Le site internet de Matt Frazier

Article écrit par Matt Frazier

Fondateur du site No Meat Athlete, Matt Frazier est végétalien et coureur de haut niveau. Il court plusieurs marathons et ultramarathons chaque année et est l'auteur de plusieurs livres. Son nom fait figure de référence dans l'univers du running et du marathon.