L’industrie française du cuir s’attaque à son tour à ses alternatives véganes

Le Conseil national du cuir ne veut plus voir sa matière associée à un terme végan.

Maroquinerie Paprika/Frédéric Bisson/Flickr

Après les industries du lait et de la viande, qui défendent l’appellation de leurs produits uniquement s’ils sont de source animale, c’est au tour de celle du cuir de s’en prendre aux fabricants d’alternatives véganes. En France, le Conseil national du cuir (CNC) a annoncé lundi dernier que le ministre de l’Economie allait faire une demande à la Commission européenne afin que le terme «cuir» soit réservé exclusivement à la matière d’origine animale.

«Certaines matières synthétiques ou dites alternatives utilisent à tort le terme cuir alors qu’il ne s’agit pas de la peau d’un animal comme par exemple : cuir d’ananas, cuir vegan, cuir de champignon, cuir de bois, éco-cuir, simili cuir, cuir de synthèse, fruit leather, flyleather…» explique dans un communiqué le CNC, qui rappelle qu’un décret de 2010 encadre en France cette appellation, la réservant à la matière d’origine animale., mais que son application «est loin d’être respectée en Europe et en France».

Le consommateur trompé, selon le CNC

C’est ainsi que l’organisme a fait pression sur les autorités françaises pour que son combat soit défendu auprès des instances européennes. L’argument est le même que pour les industries du lait et de la viande: sans encadrement, le consommateur est trompé et l’industrie du cuir fait face à une concurrence déloyale.

Et le CNC a donc obtenu gain de cause, Bruno Le Maire lui ayant informé fin août que la France avait demandé «d’une part, l’impérative et l’urgente nécessité de mettre en place des mesures appropriées pour garantir aux produits qui circulent sur le marché intérieur un correct étiquetage et que la dénomination cuir ne figure que sur des produits d’origine animale et d’autre part, d’élaborer avec les Etats-membres un projet de directive relative à une définition harmonisée du terme « cuir » et des conditions d’emploi de cette dénomination dans l’objectif de permettre une compétition loyale entre opérateurs économiques et un choix éclairé des consommateurs».

La France, 4e exportateur mondial de cuir

«Les acteurs de la filière française du cuir se félicitent de l’initiative du ministre de l’Economie et des finances et souhaitent que sa demande de protéger la dénomination cuir soit entendue à Bruxelles et suivie d’effets», a déclaré le président du CNC, Frank Boehly.

La France est le 4e exportateur mondial de cuir, avec 9 400 entreprises spécialisées dans le domaine, 130 000 employés et 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Corentin Chauvel

Article écrit par Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, il a travaillé pour Le Monde, Radio France, Libération, 20 Minutes et EuroNews. Il est aussi co-fondateur de Bom Dia Brésil, magazine spécialisé sur le plus grand État d’Amérique latine.