Morrissey, entre rock et cause animale

Icône du rock britannique, Morrissey est aussi militant de la cause animale. Retour sur son parcours.

Né en mai 1959 dans le comté de Lancashire, en Angleterre, Steven Patrick Morrissey a toujours été très proche de sa mère, Betty Dwyer. Végétarienne, elle a influencé son fils par sa prise de position dans la cause animale, si bien qu’il devient végétarien dès l’âge de onze ans.

«Je me souviens que ma mère était végétarienne très stricte. Nous étions pauvres et j’ai toujours pensé que la viande était une source de nutrition importante. Et puis j’ai appris la vérité. Je pense pouvoir dire qu’aujourd’hui, je tente de me repentir de ces années» avait-il expliqué à la sortie de l’album des Smiths «Meat is Murder».

«Meat Is Murder»

Cet album, venons-y. Sorti en février 1985 «Meat is Murder» était un véritable concept politique en faveur du végétarisme avec notamment les titres «The Headmaster Ritual» et«Barbarism Begins at Home» et bien sûr le célèbre «Meat is Murder».

Pour Dan Mathews, vice-président de PETA, cet album a «complètement changé la dynamique» de la cause animale, qui est passée de partisans «hippies et [de] mères aux foyers» à un public plus vaste. Il est vrai que «Meat is Murder», numéro 1 des ventes au Royaume-Uni à l’époque, a probablement influencé d’indénombrables fans à dire non à la viande. Pour PETA, association alors peu connue, Morrissey était aussi une véritable aubaine pour se développer et toucher les jeunes.

«Moz» et PETA, une entente qui marche

La chanson éponyme «Meat Is Murder» sera d’ailleurs reprise à de nombreuses reprises par PETA pour valoriser ses actions.

En 1987 pour la version britannique de «Animal Liberation», un album dont tous les bénéfices iront à PETA ou en 2016 pour réaliser un jeu vidéo, This Beautiful Creature Must Die, dont le but est d’empêcher les animaux de se faire abattre.

En 2014, nouvelle collaboration avec «I Know It’s Gonna Happen Someday». Ce titre sera utilisée dans une animation d’Anna Saunders pour dénoncer l’industrie des élevages intensifs de poules. Dans la vidéo, on vit le parcours d’un petit poussin qui parvient à échapper à la mort.

Contre la corrida

Morrissey a écrit de nombreux titres pour les animaux. Et il continue de le faire encore aujourd’hui. Citons notamment «The Bullfighter Dies», qui dénonce la corrida:«Hooray ! Hooray! The bullfighter dies and nobody cries, nobody cries because we all want the bull to survive» («Hourra! Hourra! Le torero meurt et personne ne pleure, personne ne pleure, parce que nous voulons tous voir le taureau survivre.»)

Militer par l’attaque

Connu pour sa gouaille, Morrissey n’hésite pas à frapper fort en public. En 2011, alors qu’il est sur scène à Glastonbury, il lance: «J’étais très heureux d’entendre qu’une loi pour arrêter l’exploitation des animaux dans les cirques a été votée dans ce pays. Cependant, comme vous le savez sûrement, David Cameron a essayé d’empêcher cette loi de passer. Quel imbécile!». Après ce commentaire, le leader lancera «Meat is Murder».

Lorsqu’il chante cette musique, Morrissey diffuse généralement une vidéo en arrière plan de la scène pour montrer à son public les horreurs de l’élevage industriel. Pourtant, à Glastonbury, l’écran est resté étrangement vide.

Le chanteur explique: «On m’a dit que Michael Eavis, fondateur du Festival, avait empêché la diffusion du film parce qu’il n’était pas représentatif de ce que faisait sa ferme laitière. Il ne comprend pas que les pauvres âmes que l’on voit dans le film ne voulaient pas être ici, en premier lieu. Michael Eavis m’a également dit qu’il avait décidé de ne pas diffuser le film car il pourrait « déranger » les plus jeunes.»

Pas de viande lors de ses concerts

S’il a bien joué sur scène à Glastonburry malgré son opposition à Eavis, le chanteur a néanmoins plusieurs fois refusé des dates en raison de ses convictions. Et à chaque fois, ses déclarations – pas toujours comprises – ont suscité des polémiques. Mais pour «Moz», qu’importe, tant que ses convictions sont confortées.

L’icône britannique demande aujourd’hui l’interdiction de la présence de viande pour tous ses concerts. «Une victoire pour les animaux», justifiera-t-il dans un communiqué. En février 2015, il refusera d’ailleurs de se déplacer en Islande car les organisateur ne voulaient pas céder à ses demandes.

«J’adore l’Islande et je souhaitais y retourner. Mais en l’état actuel ce n’est pas possible. Je préfère laisser la salle de concert à sa férocité cannibale de mangeur de viande», avait déclaré le chanteur au site internet True to You.

«Nous respecterions ses souhaits en ce qui concerne la salle de concert et les coulisses, mais cela ne me viendrait pas à l’idée de donner des ordres aux restaurants» avait répondu Halldor Gudmundsson, directeur du Harpa Concert Hall, où le chanteur devait se produire.

Une carrière qui continue

A 58 ans, le crooner continue sa carrière en solo. Il a sorti en novembre 2017 «Low in High-School», un nouvel album très politisé.

Fidèle à ses convictions, Morrissey s’impose avec Moby ou Paul McCartney, dans un style néanmoins très différent, comme l’une des figures de proue de la cause animale dans le monde.

Clarisse Lejeune

Article écrit par Clarisse Lejeune

Étudiante en Lettres Modernes Appliquées, j'ai choisi d'effectuer un stage chez Vegemag afin de mettre mes compétences au service de valeurs qui me sont chères.