Veggie Pride: les militants de la cause animale ont défilé à Paris

Les pro-animaux se sont mobilisés samedi dans les rues parisiennes pour défendre les animaux…

«Assez de sang versé», «Bio ou pas bio, élevage oppression»… Près de 750 militants de la cause animale ont défilé samedi après-midi à Paris pour la 17e édition de la Veggie Pride.

Une marche qui vise à défendre les animaux en combattant le spécisme, idéologie qui établie une hiérarchie entre les espèces. L’occasion aussi pour les militants d’affirmer leur fierté de dire non à la consommation et à l’exploitation des animaux.

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Hommage aux gallinacés

Cette année, l’organisation avait décidé de mettre en avant les gallinacés (coqs, poulets, pintades, poussins…). Un choix que détaille Jean-Luc Gagnebin, co-organisateur de la marche.

«En France, les scandales ont tendance à faire baisser la consommation de viande. Mais on s’aperçoit que les gens se reportent sur la volaille. Alors on veut mettre en avant ces animaux qui tiennent aussi à leur vie. La seule solution, c’est d’arrêter totalement la consommation d’animaux.»

Parmi les nombreux manifestants, difficile de ne pas repérer Gisèle, une militante toute de rose vêtue portant une paire de lunettes en plastique avec un perroquet et un palmier.

A 66 ans, cette activiste de longue date ne pouvait pas manquer l’événement. «C’est important d’être là. Nous faisons beaucoup souffrir nos amis les animaux alors que ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il y a une loi qui dit que nous devons les protéger. Alors pourquoi ne pas l’appliquer?»

Plus loin, Olive en est déjà à sa quatrième Veggie Pride. «On voit de nouvelles têtes. C’est vraiment bien. Mais on prend aussi plaisir à revoir des anciens» souligne-t-il.

L’homme longiligne a d’ailleurs un visage bien connu des activistes parisiens: il est l’un des membres et salariés de L214, association bête noire des industriels de la viande qui révèle régulièrement des vidéos de cas de maltraitance animale dans les abattoirs.

«Selon moi les choses avancent beaucoup, et nos enquêtes aident aussi car elles montrent une réalité. Et j’ai l’impression qu’on a aussi besoin de voir ce qui se passe avec nos yeux pour pouvoir changer.»

En 2017, défendre les animaux reste parfois mal perçu

Au milieu du cortège, nous rencontrons David, membre de plusieurs associations de protection de la nature. L’homme, vegan depuis un peu plus d’un an, raconte sa difficulté à se faire accepter par sa propre famille.

«Chez moi c’est catastrophique, je suis vu comme un extraterrestre. Ils adorent la viande et ne comprennent pas du tout mon positionnement. Alors être ici, ave des gens qui me ressemblent, cela me fait du bien».

Outre un service de sécurité et des animateurs, l’organisation avait aussi mobilisé des personnes pour distribuer des tracts. L’occasion de sensibiliser les passants parisiens.

Aurélia s’est portée volontaire. Cette jeune femme à l’accent espagnol est active dans la protection animale depuis plusieurs années. Elle raconte: «En général les gens acceptent nos papiers. Je pense que la bonne ambiance de notre marche aide à cela. Après, il faut aussi reconnaître que nous sommes parfois moqués, nous recevons même des insultes…»

De quoi la démotiver? «Les mauvaises remarques, cela me pousse à militer et à distribuer encore plus de tracts. Car si ces gens réagissent ainsi, c’est car ils manquent d’informations» juge-t-elle.

Des conférences et des débats

La manifestation se terminait en fin d’après-midi à République, sous une fine pluie. L’occasion pour les participants à la marche d’aller se restaurer dans l’un des stands du village associatif vegan érigé sur la place parisienne. Des conférences et des débats devaient se tenir dimanche pour clôturer l’événement.

Près de 60 milliards d’animaux terrestres et entre 1000 et 3000 milliards de poissons seraient exploités et abattus chaque année pour la consommation humaine.

Article écrit par Cédric Garrofé

Cédric Garrofé

Journaliste et responsable des réseaux sociaux, Fondateur de Vegemag, Professeur au Centre de formation au journalisme et aux médias, Spécialisé en communication politique.