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Une quinzaine de fauves saisis chez des particuliers français en cinq ans

Le marché noir en permet l’acquisition pour des sommes abordables.

Des fauves en toute illégalité chez des particuliers. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en a saisi une quinzaine en cinq ans, principalement en Ile-de-France, selon les révélations d’une enquête de franceinfo.

«Ces animaux proviennent le plus souvent de cirques»

Si cela peut paraître invraisemblable, il n’est pas si compliqué de se procurer un fauve en France. «Ces animaux proviennent le plus souvent de cirques itinérants ou de parcs zoologiques, français ou étrangers, au sein de milieux bien particuliers», a indiqué au média Eric Hansen, délégué inter-régional de l’ONCFS.

Franceinfo a ainsi contacté des cirques en caméra cachée et s’est vu offrir des lionceaux pour une soirée privée à raison de 1 500 euros les deux heures. Ou parfois tout type d’autre animal sauvage, du singe au zèbre. Une pratique illégale, mais principalement pour des raisons de sécurité, un arrêté déterminant les conditions de présentation de ce type d’animaux au public, qui n’est donc pas censé pouvoir les toucher.

Quelques milliers d’euros pour un lionceau

Pour l’achat, il faut attendre le printemps, saison des naissances, qui sont très nombreuses en captivité, selon franceinfo. Tous les animaux sauvages de France étant pucés, il suffit de trouver un cirque ne l’ayant pas encore fait sur ses bébés animaux. «Les transactions se font en liquide et les personnes attrapées sont peu bavardes, mais un lionceau, ça ne vaut pas une fortune», a expliqué Eric Hansen. Les prix seraient de quelques milliers d’euros seulement pour un bébé lion ou tigre.

Malheureusement, les propriétaires illégaux, quand ils ne sont pas attrapés, savent rarement en prendre soin et finissent par s’en débarrasser. Et comme «on ne peut pas les remettre dans la nature parce que la réadaptation est très difficile, ils n’ont pas les codes», selon Eric Hansen, les animaux terminent dans des refuges, pas même dans des zoos. «Les lions castrés des cirques, qui ressemblent à des lionnes, ça n’intéresse pas les zoos. Idem pour les gros félins dont on ne connaît pas l’origine et qui peuvent être issus de croisement de races différentes. Personne n’en veut», a déclaré à franceinfo Pierre Thivillon, président de l’association Tonga Terre d’accueil, qui a accueilli récemment de jeunes tigres de Sibérie sauvés au Liban.

Corentin Chauvel

Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.