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Le Royaume-Uni, plus important exportateur d’ivoire au monde

Entre 2010 et 2015, le pays a vendu 370% de matière en plus que le deuxième du classement, les Etats-Unis.

Il y a des classements dont on se passerait bien d’être premier. C’est le cas du Royaume-Uni et de sa place de leader mondial des exportateurs d’ivoire, dévoilée cette semaine alors que la Journée mondiale des éléphants est commémorée samedi.

Des exportations principalement vers Hong Kong et la Chine

Entre 2010 et 2015, les Britanniques ont ainsi vendu 370% d’ivoire en plus que les Etats-Unis, deuxièmes du classement établi par la Convention sur le commerce international des espèces en voie de disparition (Cites). Un leadership expliqué par le passé colonial du pays, qui a importé plus de 30.000 tonnes d’ivoire de son empire de l’époque, pour plus d’un million d’éléphants tués.

«Les exportations d’ivoire du Royaume-Uni stimulent la demande des consommateurs à l’échelle mondiale, en particulier à Hong Kong et en Chine, deux des plus grands marchés du monde pour l’ivoire légal et illégal», a déclaré Mary Rice, directrice de l’Agence des enquêtes environnementales, citée par le Guardian. «Le gouvernement britannique devrait cesser d’émettre des permis pour toutes les exportations d’ivoire avec un effet immédiat, notamment pour faire preuve de solidarité avec les gouvernements de Hong Kong et de Chine qui se sont engagés à fermer leurs marchés nationaux d’ivoire (d’ici la fin de l’année, ndr)», a-t-elle ajouté.

Le Royaume-Uni prêt à agir

Un appel semble-t-il entendu puisque le ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson, a appelé le mois dernier à une interdiction totale des exportations d’ivoire de son pays. Le ministère de l’Environnement a lui assuré au Guardian que la protection des éléphants et la fin du commerce illégal étaient une priorité pour le gouvernement.

Les règles internationales permettent encore aux pays d’exporter de l’ivoire si ce dernier est certifié avoir été travaillé ou sculpté avant 1976 tandis que les objets en ivoire fabriqués avant 1947 n’ont besoin d’aucune certification spécifique, ce qui laisse la porte ouverte au commerce illégal et la poursuite d’un braconnage de près de 30.000 éléphants par an.

Corentin Chauvel
Journaliste professionnel et généraliste, j’ai travaillé pour Bom Dia Brésil, Lepetitjournal.com Brésil, 20 Minutes, Radio France, Le Monde, EuroNews et Libération.