Famille d’accueil, un véritable sauvetage pour les animaux

Au contraire d’une famille d’adoption définitive, la famille d’accueil ne garde un animal que temporairement. Quel est le but de cette opération? Pourquoi et comment le devenir?

Chaque jour, des personnes décident d’accueillir temporairement des animaux à leur domicile en attendant que ceux-ci soient définitivement adoptés. Quel est le but réel de cette opération? Est-ce facile de devenir une famille d’accueil?

Pour le comprendre, nous avons rencontré Sofie de Flo, famille d’accueil pour l’association Envol-Toit, et Anne Caumont, présidente de l’Unité de Sauvetages Animaliers.

Sofie de Flo (famille d’accueil): «Il faut de la patience et de l’écoute pour être famille d’accueil»

Pourquoi être devenue famille d’accueil?

Depuis toute petite, j’ai toujours vécu avec des animaux. J’ai une petite préférence pour les chiens plutôt que les chats. J’ai eu 2 labradors quand j’étais plus jeune, et je trouve que les chiens ont réellement besoin de notre présence. Les chats sont plus indépendants.

Adopter définitivement est-il dans vos projets?

Je souhaite le faire un jour, mais mon compagnon n’y est pas encore totalement favorable. Cela viendra.

Comment s’est déroulée votre première adoption temporaire?

En novembre 2016, j’ai vu sur Facebook une personne qui recherchait quelqu’un pour récupérer une petite chienne à l’aéroport Charles de Gaulle. Elle venait de la Réunion. Il fallait simplement la garder quelques jours avant qu’on puisse trouver un covoiturage pour la transporter vers sa famille définitive.

A l’aéroport comment cela s’est-il passé?

Je n’avais jamais vu la chienne. On m’a donné un numéro de vol, l’heure et la porte d’arrivée. Un voyageur est sorti avec l’animal. Il m’a donné son carnet de santé, un harnais, une laisse, et j’ai pu rentrer chez moi avec.

Un voyageur?

Oui, des personnes nous aident à faire les transferts, de nombreuses hôtesses de l’air notamment. On utilise Flying Dog Rescue. C’est un site génial qui répertorie le personnel naviguant qui accepte de faire voyager les animaux.

La chienne était-elle à l’aise une fois dans votre domicile?

Oui. Je lui ai donné à boire, à manger, puis je lui ai fait faire une ballade. Cela a duré 5 jours, le temps de l’emmener Gare de l’est pour qu’elle prenne le train et rejoigne ses adoptants définitifs. Aujourd’hui, elle va très bien, je reçois encore des photos. Je suis très contente.

Quel est le profil moyen d’une famille d’accueil?

Il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes. Ce sont souvent des jeunes célibataires qui ont entre 20 et 30 ans. La plupart vivent déjà avec un animal. Il y a aussi des couples avec des enfants.

Le plus important: il faut de la patience, de l’écoute, et de la compréhension pour faire cette activité.

Un animal peut-il rester plusieurs années dans un foyer d’accueil?

Il y a deux types de famille d’accueil. Celle de transit, pour une durée de quelques jours, le temps d’organiser le covoiturage jusqu’aux adoptants définitifs.

L’autre possibilité est de faire famille d’accueil de longue durée. Cela nous permet de libérer des places. Et là, effectivement, on peut garder l’animal une semaine comme un an. On le précise d’ailleurs dans le contrat d »accueil. Mais généralement, au bout de 6 mois maximum un animal est définitivement adopté.

Comprenez-vous une tendance à culpabiliser pour les personnes ne pouvant pas s’engager sur la durée?

Oui, mais il ne faut surtout pas. Si une personne ne peut adopter qu’un seul mois, il faut le dire. Car même sur une petite durée, cela nous aide vraiment.

L’association Envol-Toit est une association de lutte contre la maltraitance animale sur l’île de la Réunion. Elle a été créé en 2015 par Isabelles Desjardin. L’association cherche des familles pour des chiens et chats de tous les âges et tailles.

Anne Caumont (présidente d’association): «Nous devons être vigilants quand nous confions des animaux»

Comment sélectionnez-vous vos familles d’accueil?

Les familles d’accueil sont sélectionnées dans nos connaissances la plupart du temps ou par du bouche à oreille. Nous devons être vigilants quand nous confions des animaux qui ont déjà eu un passé douloureux.

Dans le cas où une famille se propose de garder un animal, et que nous ne la connaissons pas, nous lui faisons remplir un formulaire de renseignement. Ensuite, nous organisons un entretien téléphonique, puis faisons une pré-visite afin de vérifier dans quelles conditions sera accueilli l’animal.

Comment être une bonne famille d’accueil?

Il faut avoir du temps à consacrer à l’animal, avoir de la patience, connaître ses besoins en fonction de son espèce, être mobile et pouvoir se déplacer chez le vétérinaire en cas d’urgence, sachant que les frais vétérinaires sont pris en charge par l’association.

L’association est là pour soutenir les familles d’accueil, répondre à leurs interrogations et trouver des solutions.

Certains personnes ont peur de devenir famille d’accueil par crainte de devoir conserver l’animal indéfiniment. Que répondez-vous?

Il est rare qu’une famille d’accueil garde un animal très longtemps, en général nos protégés sont adoptés au bout de quelques mois, parfois moins. Quand une famille d’accueil ne peut plus garder un animal, nous mettons tout en oeuvre pour trouver une nouvelle famille afin de la soulager le plus rapidement possible.

Un animal est-il mieux famille d’accueil qu’en refuge?

Oui car l’environnement du refuge est stressant pour les animaux, ils vivent mal l’enfermement et les aboiements qui durent toute la journée.

En famille d’accueil, ils ont une vraie vie de famille, ils sont sociabilisés, éduqués et cajolés. Les familles nous permettent de connaître le caractère de l’animal, de pouvoir le placer en fonction de ses ententes et ses besoins mais aussi de régler certains problèmes de comportements (phobies, malpropreté etc…).

Dés qu’un animal se sent en confiance on peut faire des miracles, à condition de lui laisser le temps d’adaptation qui lui est nécessaire.

Recherchez-vous actuellement des familles d’accueil?

Oui, nous manquons cruellement de familles d’accueil car celles avec qui nous travaillons deviennent pour beaucoup des familles adoptantes, c’est à dire qu’elles finissent par s’attacher à l’animal qu’on leur a confié pour ne plus le laisser partir.

C’est une très bonne chose, mais cela nous oblige à chaque fois à chercher de nouvelles familles pour prendre en charge les animaux en urgence.

L’association Unité de Sauvetages Animaliers prend en charge tous les chiens et chats maltraités ou abandonnés. Elle sort des chiens dits «catégorisés» de fourrière car ces animaux sont les victimes numéro 1 de l’abandon et de la maltraitance. Elle est membre du collectif des 4C (collectif contre la catégorisation des chiens).

Cédric Garrofé

Article écrit par Cédric Garrofé

Journaliste professionnel depuis plus de 7 ans, j’ai fondé Vegemag en 2014. Je suis aussi intervenant au Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM).