Carlo Oddo, sauveur des animaux abandonnés

Ancien barman à la retraite, Carlo Oddo a transformé sa maison en refuge pour accueillir les animaux abandonnés.

A Créteil, Carlo Oddo recueille les animaux en détresse. Cet ancien barman en héberge aujourd’hui presque 300 chez lui.

Des chats, des chiens, mais aussi des poules, des pigeons ou des lapins. Des animaux maltraités et abandonnés, et qui ont tous en commun d’avoir atterri chez Carlo pour couler une retraite heureuse.

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Un homme abandonné qui aide les animaux abandonnés

Comment expliquer que cet ancien barman a tout sacrifié pour les animaux? Pour le comprendre, il faut se pencher sur son histoire. Tout petit, Carlo a en effet été abandonné par ses parents. Une expérience brutale qui l’a poussé à consacrer sa vie aux animaux. Consacrer, un mot probablement pas assez fort tant s’occuper de cette arche de Noé demande du temps.

«Je n’arrête pas. Je me lève à 6h30. Je commence par nettoyer, puis je donne à manger, et je les soigne. Ils aiment bien quand j’allume Radio Classique, ça les apaise. Le soir, je sers plusieurs grands plateaux. Un vrai festin les attends.»

Puis vient la nuit, une période où les animaux sont libres d’aller et venir, même dans le lit, au plus près du propriétaire des lieux. «Ce sont généralement les mêmes qui veulent dormir avec moi. J’ai beaucoup de mal à trouver le sommeil avec tous ces chiens et chats!»

Confort des animaux avant tout

La maison de Carlo dispose de plusieurs cours, d’un grand jardin, d’un étage et d’un sous-sol. Les murs sont d’ailleurs un vrai petit gruyère car de nombreux tunnels y ont été creusés pour permettre aux animaux d’aller et venir librement.

«Parfois, les gens pensent que les animaux sont entassés chez moi. Ce n’est pas du tout le cas, ils peuvent se balader là où ils veulent. Ils finissent leur vie tranquillement avec moi.»

 

Une salle de soins pour les animaux

Au sous-sol se trouve l’hôpital. Une petite pièce où sont prodigués des soins sur des animaux malades. On y fait la rencontre d’un chat gris et blanc.

«Lui, il était dans le coma il y a 4 jours. Il était dans un état désastreux, avec le coryza. Je ne pensais pas qu’il vivrait. Nous avons de la lumière chaude pour le réchauffer. Il va rester ici une dizaine de jours, puis il va être vacciné et rejoindra les autres pensionnaires.»

Des animaux et des histoires

Avant d’arriver au refuge, les animaux ont vécu des traumatismes. C’est le cas de Timou. «Timou a été trouvé bébé dans un fossé. Il n’ouvrait même pas les yeux. Nous l’avons élevé au biberon, il était entre la vie et la mort. Maintenant il va mieux, il a 13 ans, et j’ai l’impression qu’il est très reconnaissant. Il passe sa vie à jouer, dans l’herbe.»

Des animaux cabossés, qui viennent terminer leur vie dans ce refuge. «La plupart de ces animaux tiennent plus de 10 ans. Parfois pendant plusieurs semaines tout va bien, et puis, plusieurs meurent d’un coup. C’est toujours très difficile pour moi.»

«Tout animal est socialisable»

Ce qui surprend peut être le plus lorsqu’on visite cette maison des animaux, c’est une impression d’assister à une cohésion improbable entre des animaux pourtant très différents, qui semblent avoir compris qu’ils sont tous unis par un même parcours tumultueux.

«Quand on met la bonne volonté, aucune espèce n’est difficile. Il faut prendre du temps et les aimer. Et au bout d’un certain temps, ils retrouvent une certaine harmonie. Les chiens ce n’est pas très long, les chats un peu plus difficile. Mais ils s’adapteront un jour, et après ça ira mieux.»

Un avenir assuré par 30 Millions d’Amis

Carlo a aujourd’hui 70 ans. Son souhait? Continuer à vivre encore de longues années pour aider les animaux jusqu’au bout. Lorsque ce ne sera plus possible, 30 Millions d’Amis prendra le relais. «J’ai une confiance totale en eux. Ils me soutiennent depuis 20 ans, ils ne m’ont jamais lâché.»

Paradoxalement, Carlo n’a jamais rencontré Reha Hutin, présidente de la Fondation. Elle lui a cependant écrit un gentil mot pour son anniversaire. «Je suis assez timide, mais c’est vrai que j’adorerai la rencontrer» nous confiera-t-il à notre départ.

Cédric Garrofé

Article écrit par Cédric Garrofé

Journaliste professionnel et fondateur de Vegemag, il s'intéresse à la cause animale depuis près de 15 ans. Il a remporté le Prix Suva des Médias en 2018 et un Online Journalism Awards en 2017 avec la rédaction du journal Le Temps.