A l’Île Maurice, le difficile combat pour sauver les chiens errants

Alors que le nombre de chiens errants de dégrossit pas sur l’Île Maurice, des associations se battent pour sauver ces animaux.

Il y aurait entre 200.000 et 350.000 chiens errants présents sur l’Île Maurice, pour une population de 1,2 million d’habitants. Un chiffre qui est le résultat d’abandons massifs et de l’absence de politique visant à stériliser les animaux. Pour pallier cela, des campagnes de «Catch and Kill» («attraper et tuer») sont régulièrement menées par les autorités locales.

Selon le journal Le Mauricien, les chiens errants récupérés sont d’abord conduits dans les refuges de la MSAW (Mauritius Society for Animal Welfare), avant d’être euthanasiés trois jours plus tard, en cas de non-adoption. Des pratiques qui indignent les associations qui demandent des campagnes de stérilisation.

La MSAW, une association qui fait polémique

Mais qui se cache derrière la MSAW? Cindy est membre de La Meute de Zion, une association créée en juillet 2017 qui souhaite défendre les animaux et en finir avec le «Catch and Kill». Elle s’explique:

«Il y a une grande polémique autour de cette organisation. Des chiens sont décédés après avoir été stérilisés et des empoisonnements ont été signalés après de simples vaccins. Il y a également de la maltraitance animale, notamment durant leurs campagnes de « Catch and Kill », où les chiens capturés sont abattus de manière cruelle, vidéo à l’appui. En plus de la brutalité des images, la mise à mort de ces animaux n’est pas opérée par un vétérinaire, comme le dicte la loi.»

«Il y a quelques mois, la MSAW avait promis de ne plus tuer les animaux errants, mais selon nos informations cela se fait encore», explique Cindy.

Des propos contestés par le Docteur Alain Ignace, vétérinaire de la MSAW. «Tout n’est qu’un tissu de mensonges» juge-t-il.

«Catch and Kill»

Face à ce phénomène, des associations se mobilisent sur l’île pour interdire ces pratiques et protéger les chiens errants. Parmi eux, de nombreux chiots. Encore trop jeunes et seuls dans les rues, il leur est impossible de survivre sans aide. «Une fois ces chiens guéris, sevrés, vaccinés et stérilisés dans certain cas, nous les mettons en adoption sous conditions pour les nouveaux propriétaires», développe Cindy.

«Certains habitants de l’île laissent leurs chiens en dehors des maisons. La MSAW peut les capturer, même s’ils portent un collier. De nombreux groupes Facebook informent les habitants de l’emplacement des équipes de la MSAW, afin de rentrer leurs chiens et d’essayer de sauver le plus d’animaux possible dans ces zones. Si, malgré cela, votre compagnon a été emporté, il vous faudra compter 3’000 Rs (35 euros) pour le récupérer.»

«Nous souhaitons sensibiliser les habitants sur comment réduire le nombre de chiens errants et sur comment s’occuper d’un chien. De nombreuses personnes « jettent » leur chien dans les rues ou font appel à la MSAW, car leur animal est devenu agressif, malade et qu’ils ne savent pas comment remédier à cela», ajoute-t-elle.

Une petite équipe de bénévoles

Au sein de la petite équipe de La Meute de Zion, on retrouve un comportementaliste canin. «En quelques séances, nous dit Cindy, il peut régler les problèmes d’agressivité des chiens et expliquer aux propriétaires les comportements à adopter dans ces situations».

Pour veiller à la bonne santé des habitants du refuge, un vétérinaire, Vicky Ruhee, a accepté de s’associer avec l’association : «Il nous offre tous les soins nécessaires: stérilisations, vaccins, opérations, etc. pour les chiens malades, accidentés ou encore violentés», précise-t-elle.

Des adoptions possibles en France métropolitaine

Un groupe Facebook a été mis en place pour suivre toute l’actualité de l’association, ainsi que pour être avertis des nouvelles adoptions possibles. «Si une personne souhaite adopter depuis un autre pays, nous nous occupons de tous les papiers et ne demandons pas d’argent. Le plus important pour nous c’est de trouver une bonne famille pour nos chiens» termine Cindy.

Clarisse Lejeune

Article écrit par Clarisse Lejeune

Étudiante en Lettres Modernes Appliquées, j'ai choisi d'effectuer un stage chez Vegemag afin de mettre mes compétences au service de valeurs qui me sont chères.